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5 articles avec parole

Costume de mariage (trisomie) et langage

Publié le par Jaz

Le premier costume

Le premier costume

A la séance suivant les vacances de Noël, 3 semaines sans venir, Yann, trisomique de 21 ans, m'annonce au téléphone avant de venir ce samedi :

"Veste mariage moi pas encore"

Qu'a bien voulu me dire Yann? Artus (autre trisomique) avait très envie de se marier au même âge. Il se/me répétait tout le temps qu'il ne pouvait pas maintenant... depuis le cauchemar des filles... où il avait clairement exprimé ce désir.

Yann ne peut s'exprimer sur ces sujets, il n'a ni le langage ni la maturité sociale d'Artus. Ce qu'il me dit ainsi m'informe cependant dans sa condensation syntaxique sur le fait que l'interdit est bien passé mais qu'il le comprend comme un délai nécessaire. Reste la pulsion... Il en avait été de même avec Artus.

Sa mère m'a donné la clé de son message : ils lui ont acheté une veste de "costume". Ont-ils prononcé le mot mariage? Peu importe. Ce qui fait l'intérêt du bref échange à ce sujet, en début de séance, c'est le fait que sa mère l'a tout de suite récupéré dans son offensive "ne pas grossir" comme il en avait été question dans la séance du distributeur de boissons à la SAS. 

'On a complété la tenue avec des chaussures. Mais il faut pas grossir. Tu es fort mais il faut des abdos.' "Pas trop coca, grands" - 'doucement... fais gaffe... tu peux manger' Il relève ses manches et me fait tâter ses biceps dont il est très fier.

 

NOËL

J'enchaîne en lui demandant ce qu'il a eu pour Noël. Sa mère, lancée, veut répondre et Yann lui met la main sur la bouche. Il énumère, pendant que sa mère en profite pour s'esquiver.

"piano musique 2017, des boites de CD"

Je n'ai pas envie de m'embarquer dans ses choix musicaux dont j'ignore tout. Je l'oriente vers Noël.

'Où tu étais pour Noël? C'était le fête ? Où, à M*. Ta mère m'avait dit 'on était partis....' Il se décide :

"biba nollan" (c'est incompréhensible) Je reformule n'Hollande (sa mère fait la liaison)

-' chez quelqu'un? à l'hôtel?'

-"à l'hôtel je crois. On a vu papa Noël. Les cloches. J'ai vu passer....(?) De repas"

- 'à l'hôtel pendant tout le temps ?'

-"et au restaurant (au)ssi..."

-'Combien de jours?'

-"4 fois jours (me montre 4 doigts de sa main). Et après on a été (à) Anzé (musée?) Les Égyptiens (montre le papyrus sur le mur). Bateau-mouche".

-'À Paris?'

-"Hollande et Pays-bas. Zé vu plein de (hiéroglyphes)glyphes et le pont... (cf. un des premiers kaplas, comme celui de Van Gogh). (dé)coré plein Noël. Et c'est tout."

'Et après ?'

"L'autoroute on est arrivé de (à?) M* et c'est tout. C'est pas mal."

'Après tu as travaillé?'

"La SAS. Sport hier. On a fait cerceau. On a fait théâtre aussi."

Les photos sont sur l'ordinateur, il ne peut me les montrer (notre support habituel). Il était "sur l'ordinateur" hier, "regarde des musiques".

"oh la la" il met la tête dans ses mains sur la table. Se repose un peu et va sur le divan.

Nous arrêtons la séance.

 

LANGAGE ET PAROLE
Le langage de Yann s'est encore enrichi tant sur le plan lexique que pour la construction d'énoncés. Il s'autonomise peu à peu dans sa parole.

Il revendique de répondre lui-même.
Il utilise l'étayage qu'on lui propose qui met en image ce qui est dit en renforçant sa compréhension par des gestes (montre 4 doigts) "4 fois jour" et renforce la compréhension de "Égyptien" en montrant le "papyrus"..
Il situe le temps "hier" il utilise spontanément un connecteur temporel "et après".

C'est encore et toujours un mélange d'expressions toutes faites "on a vu papa Noël"(figements) et de juxtapositions de mots évoquant une énumération (il s'agit de raconter), sans article, avec parfois des mots invariables (conjonctions de coordination "et", adverbes et formes adverbiales "plein", "plein de", un connecteur "aussi"), il introduit souvent les actions par une reprise catégorielle ("on a fait") introduisant le nom sur lequel elle porte.
Il reprend un des termes d'une question et modalise sa réponse "je crois". Il introduit souvent son point de vue propre "et c'est tout", clôture du récit, "C'est pas mal", évaluation de la tâche.
Sur le fond, il est devenu capable de se rappeler sans le support d'images, cf. les photos qu'il semble avoie mémorisées pour son premier récit (voir le lien).

Yann ne "récite" pas, il "construit" sur un mode parataxique, qu'on pourrait dire agrammatique, les énoncés de son discours.

http://jazblogtest.over-blog.com/2016/08/memoire-image-et-parole-premier-recit-yann-trisomique.html

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Jeu : complémentarité des approches Yann

Publié le par Jaz

JEU : appréhender des mots - lire une histoire - mot/image
JEU : appréhender des mots - lire une histoire - mot/image
JEU : appréhender des mots - lire une histoire - mot/image

JEU : appréhender des mots - lire une histoire - mot/image

La mère de Yann, 21 ans, jeune homme trisomique mais pas que, a trouvé, dans une brocante, une nouvelle boite de jeu qui correspond tout à fait à notre démarche actuelle avec l'importance de l'écrit pour aider Yann à enrichir son langage en améliorant sa parole.

- Si le support du jeu de Jarnac permet de "travailler" la recherche des sons et de leur place dans le mot en s'étayant sur sa connaissance des lettres de l'alphabet, en lien avec un travail sur l'évocation du mot avec sa relation à des images, pour l'écrire

- ce nouveau jeu implique le versant lecture dans l'identification de mots sous leur forme écrite, en lien également à des images, et introduit à la lecture de petits récits avec des mots familiers. Il y a plus de matériel (syllabes lettres etc.) mais ce qu'il préfère est le jeu présenté ci-dessus  où on joue à plusieurs en avançant d'un nombre de cases fonction du dé (Cf. jeu de l'oie). Dans celui-ci il faut trouver l'étiquette du mot de la case. etc...

- nous y jouerons sans sa mère la deuxième fois et ce sera lui le meneur. Ce jeu devient la récompense quand il a bien "lu" l'histoire avant.

- le deuxième présenté ici, version histoire, impose de sélectionner à l'avance les étiquettes à identifier, lorsque l'accent est mis sur la lecture du texte, et nous y rejouerons sans sa mère en mettant les 4 planches et toutes les étiquettes de ce jeu qu'il sélectionne lui-même (repère même couleur du verso pour les différencier de celles de l'autre jeu). Mais nous avons repris la lecture d'une histoire ce jour là aussi.

Comment se passent les séances? L'entour de cette séance a déjà été présenté pour être discuté. Lorsque nous nous mettons "au travail" comme toujours du langage, des commentaires spontanés s'inscrivent d'eux-même dans les échanges verbaux. Faut-il le canaliser davantage ou lui laisser cette liberté de s'exprimer et de communiquer ainsi sur ce qui occupe sa pensée?

On joue.

Il démarre fort : "3 couleurs ça fait un arc en ciel". Il a reconnu les 3 couleurs fondamentales avec les pions du matériel dans la boite. Le cadre arrive : 'maintenant on arrête de parler, on joue'

Sa mère a sorti les cartons qui correspondent à la planche "La chenille des mots".

Il commence en choisissant un pion et lançant le dé. 4.

- Il lui faut déchiffrer le mot "arbre". Il trouve le début. 'a' puis 'r' en suivant le doigt qui isole. La finale ainsi reconstituée est prononcée be/re. 

- Il retrouve "paille" j'avais rappelé avec le geste Borel le i qui glisse avec des ailes (ll) pour faire ill.

- "ah! Je connais ce mot." En fait c'est dans son rapport à l'image car quand il s'agit de lire nous déchiffrons M O/ 'mo'. Il faut construire le on qu'on recherche dans le tableau des lettres ci-dessous pour faire les sons, en rouge... o devient on en passant par le nez (o+n) avec le geste évocateur de Borel et en montrant également le passage par le nez sur le tableau. Il lit alors MON-TRE et nous précisons montre, la montre, pour lire l'heure.

Supports "techniques" du lire-écrire de Yann : les tableaux qui regroupent les cartons pour faire les sons, un tableau pour construire les groupes consonantiques et mettre en place les r et l. Une liste de mots invariables à "mémoriser" pour identification dite "globale".

Supports "techniques" du lire-écrire de Yann : les tableaux qui regroupent les cartons pour faire les sons, un tableau pour construire les groupes consonantiques et mettre en place les r et l. Une liste de mots invariables à "mémoriser" pour identification dite "globale".

- pour "grille" nous chercherons dans le tableau où on constitue les groupes... le gr en faisant glisser le doigt d'une lettre à l'autre sur le trait pour assurer la continuité du lien entre les sons un peu ralentis. On retrouve le ill de paille.

- pour mer, M E, on lui on lui dit m è r . Tu es allé à la mer. Acquisition "globale". Pas de référence au tableau (s'il avait été plus avancé dans son apprentissage, on aurait ajouté un er sur la ligne du é avec un point bleu sous le r et fait reprendre une série avec ces monosyllabiques) Il précise "la plage".

- pour "ma/rin" je l'aide pour in après avoir ajouté un R à la colonne des  consonnes à gauche des voyelles. (Il n'y est pas nécessairement car ces "tableaux" sont des bases adaptables).

Par chance nous avons rapidement fini la partie et sommes passés au 2e jeu, celui de l'histoire.

Un des avantages de ce jeu est de permettre à l'enfant de déchiffrer (quand il ne les identifie pas encore globalement) les mots écrits qui constituent un lexique relativement limité que ce soit à son tour ou à celui des autres. Le dé qui détermine l'avancée du pion permet d'apprendre à ne pas gagner...

Le jeu de "lecture"

Là encore, il s'agit de lire mais il y a l'image qui correspond à chaque mot à identifier. Dans un premier temps il a cherché à identifier image et mot.

Travail de langage comme d'habitude car s'il connait relativement bien toutes les images et certaines étiquettes, il a toujours du mal avec les mots de 3 syllabes comme hérisson et ses fréquentes interversions, ter/tre, omissions de finales etc... du fait de la mise en place très lente des éléments de la parole (identification des constituants et séquentialité) qui sont dans le texte. 

"rinsson" pour hérisson.

On définit "renifle".

Sa mère ne peut se retenir de lui souffler pour ..elle qu'il a lu '' alors qu'on l'avait déjà construit pour un autre mot en se référant au tableau e.. sur la ligne du é.

Échec de l'étayage langagier :

Qu'est-ce que c'est? Une cage, petite, "un cageot". Qu'est-ce qu'on met dans une cage?  Tu es allé au zoo ? Il reste silencieux. Titi et gros minet. Échec aussi.

Il est fatigué car il lui faut beaucoup se concentrer. Il change de sujet et veut me montrer ses kaplas. "c'est une chaise c'est ça" "c'est le taureau de l'Espagne" pour l'arène... Nous le déchiffrons en l'écrivant... il commence par A puis rène, "ah c'est R". je remontre le è N et comme on dit une on met un e à la fin. 

Il va aller pianoter sur l'ordinateur pour se détendre.

Reprise du jeu de lecture 15 jours plus tard

Sa mère n'est pas là. Il veut me "raconter":

"J'ai été à la SAS

J'ai arrivé en bus 127 à la SAS de RSB.
C'est pas loin. C'est trop loin là-bas tout au fond (geste) rue arrêt du bus.

J'étais (?) rue chez moi".

Pour pouvoir jouer on trie les cartons. Les verts pour le jeu du jour (cadre vert).

Il a encore besoin d'aide ez : chercher sur la ligne du é. R il identifie la lettre mais ne la prononce pas pour mU/R (geste de la gorge). Mais pour arbre il identifie A R prononcé è(r) le nom de la lettre.

Je l'aide pour paille.

Il ne reconnait pas "ou" mais dit /mu/ pour mouton.

On retrouve mur, il dit alors "ça c'est le mur". Il ne peut lire cage (en reste à ca/re) mais finit par y arriver. Quand il lit "matin" je précise pas Martin (il ne prononce jamais le R quand il parle M*.

Il lit pour moi "ba /  lle" puis "co / chon". Il lit tro pour tor dans "torchon". Il a toujours du mal avec on mais aussi trouve in pour "sapin"... t / ou pour "toucan" "je connais".

Connaitre les mots c'est aussi connaître leur sens via l'image, il n'a pas l'usage de torchon qu'il ne peut ni déchiffrer (interversion comme dans sa parole) ni évoquer en le reconnaissant.

Avec le jeu de "lecture" on se trouve face à deux types de travail. Celui de l'identification des mots étiquettes qui doivent correspondre aux images dessinées à l'intérieur du texte et celles du déchiffrage des mots écrits pour reconstituer l'histoire, ce qui ouvre à un travail de "langage".
Yann ne peut s'appuyer sur sa parole comme c'est le cas pour la plupart des enfants, du fait de son langage restreint au niveau lexique certes mais plus encore du fait des manifestations de son "retard de parole" lorsqu'il s'exprime spontanément (difficultés au delà de 2 syllabes) puisque nous appuyons l'aspect rééducation de la prise en charge sur l'étayage qu'apporte le déchiffrage de l'écrit. Il connait les sons, il connait les lettres, mais a toujours des problèmes dans la réalisation des combinaisons (cf. nasales, diphtongues...) et séquentialité. Dès le niveau syllabique, même s'il progresse de jour en jour.
Un autre article donnera le corpus de l'avancée que permet le dernier jeu que permet le matériel : une syllabe en différente place des mots pour le reconstituer.

Il y a eu un apprentissage préalable et un déclic certes mais aussi un travail de la voix et du rythme

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Mémoire Image et Parole : premier "récit" Yann Trisomique

Publié le par Jaz

Comment parler de la colo ?

Comment parler de la colo ?

Avant-propos La surprise des vacances

Le téléphone sonne. M. décroche, salue Yann et me passe l'appareil.

Je suis très étonnée. C'est l'heure du goûter... Je le croyais en colonie. Il me dit tout de suite (je n'ai pas noté nos échanges) qu'il y est mais avec le travail sur le temps que nous avions fait, je ne "l'entends" pas et lui dis, tu es à la maison, Avec qui ? C'est alors qu'il me parle tout excité, de son père, d'une lettre et le quiproquo continue. Tu es seul? Il est au travail ? Il va venir tout à l'heure ? Tu es rentré de colo? Il ne sait pas me répondre non pas encore bien sûr.

J'ai complètement zappé notre dernière séance où nous n'avions pas interdit qu'il puisse m'appeller depuis la colonie. Quand je comprends enfin, il a même évoqué les pays la Suisse où ils vont d'habitude, je lui fais la morale en disant que je suis heureuse de l'entendre mais que cela coûte cher et qu'il ne faut pas le faire... En tout cas il est très fier, mais je ne suis pas en état de prolonger la séance en reprenant le travail de compte rendu de son séjour et nous raccrocherons. Une occasion manquée de situer dans l'ici et le maintenant ses activités à la colo que nous avions évoquées la séance avant son départ.

Yann a très bien su gérer le coup de téléphone, il est de plus en plus à l'aise avec la dimension pragmatique des situations sociales, et le fait à bon escient. Son langage reste limité, il ne peut suivre la pensée de l'autre, tout dans l'excitation de pouvoir se faire plaisir en communiquant avec quelqu'un auquel il est attaché.

Trisomique mais pas que...

L' Aventure de la colo

A la dernière séance avant les vacances, la mère de Yann est un peu préoccupée car il va partir le lendemain en colonie... Comment va-t-il se comporter ? Le rappel de quelques règles de bonne conduite nous semble nécessaire sans qu'on puisse l'aborder d'emblée. C'est alors que je pense à le lui présenter comme une "aventure" en se rappelant l'année passée, pour conclure sur une autre aventure .

Tu te souviens de la colo? Silence. Je lui explique en faisant référence au travail que nous avions fait à partir des photos qu'il avait prises alors.

"dans ta tête il y a une boite à images comme l'appareil photos"

A/ Du cadre à un évènement marquant

- ah oui, des montagnes

et demain parapente. J'étais monté en haut et... (villages) (traduction de sa mère).

'Tu étais dans le parapente?'

- J'ai glissé

Tu glisses. Boum!

B/ Rappel des souvenirs

'Qu'as-tu fait d'autre?'

- ah oui je me souviens. les photos. C'était la fête. On était en chalet. On a mangé plein de choses qui restent... Enumère pain beurre....

Y avait Vivi Atir (?) Vincent

'Qui d'autre?'.

- Ah Je connais Sa fille Séka autres filles je pense i reste, plein de filles, (des milliers) des centaines

' Beaucoup montre avec tes doigts'

- Ah oui Julien comme moi.

Je rectifie avec et lui rappelle ce mot qu'il connait mais dont il n'a pas encore généralisé l'usage (cf. Scénario d'arrivée).

C/ Retour à l'ici et maintenant. Le départ.

- Demain je prends valise sacados. Le 23 le train gare de Lyon.

D/ Retour  aux souvenirs

- Y avait carnaval, un costume aussi

'Toi?'

- Harry Potter, un chapeau oui c'est ça. Garçons filles.

J'en profite pour lui rappeler les règles que nous avions établies sur le comportement avec les filles, du temps des "bêtises". (handicapé mental sous influence?) Il "plonge".un peu comme à chaque fois qu'il se fait un travail intense de ce type. Pas besoin d'insister. Il reprend son récit d'un évènement sans qu'il y ait eu une photo d'ailleurs.

- J'ai été au cinéma en colo. Madagascar N°1 et y avait Alex le lion (il développe le sujet... très compétent)

J'interviens, cette année c'est une autre aventure. Sa mère confirme. Il n'y aura peut-être pas de parapente. Qu'est-ce qu'il y avait d'autre?

E/ Une forme de récit

- piscine

- bowling

- la fête des boums et des musiques

- j'ai fait du golf aussi

- aussi escalade regarde (il mimme) mousqueton, accroche et voilà j'suis arrivé

'Cette anée tu auras d'autres images, tu n'es pas encore arrivé.'

- j'ai été un autre pays à la télé au restaurant des pizzas. J'ai été deux pays en Suisse en Italie. Et c'est tout.

Je conclus : 'Tu vas vivre une autre aventure'

'On va écrire "aventure"'

 

Il y a eu l'enrichissement des énoncés avec le travail sur le scénario de réponse à l'interphone, il y a eu la mise en place d'un "syntagme" (article à paraître) avec les lunettes de soleil qui sont venus complété le travail réalisé pour réaliser un récit à partir d'images. Il y a eu le travail sur le temps qui commence à "prendre" en quelque sorte. Yann n'est pas que dans des énoncés tout faits qu'il saurait placer à bon escient. Il suit les étapes des enfants qui entrent dans la conduite langagières de récit :
- énumération avec utilisation d'un connecteur comme aussi
- description avec le support de la mimo-gestualité et d'onomatopées, typiques des conduites d'oral
- le marquage temporel : demain la colo et le rappel j'étais monté
- clôture
Il s'appuie sur une mémoire d'images comme cela lui a été suggéré mais il y a eu un travail de d'intériorisation qui permet d'évoquer une sorte de mise en langage de souvenirs. Il a encore besoin de passer par l'écriture lettre à lettre, par syllabes et de leur mise en ordre pour les mots de la parole lorsqu'on n'est pas dans une conduite de récit qui stimule leur évocation. Il y a encore des traces automatisées de son ancien parler.

Débuts de la conduite narrative chez un non lecteur

ORAL/ECRIT

Le passage par l'écrit se révèle nécessaire à la répétition du mot:  pour sa mise en bouche. 'Dis-le' Il ne peut le répéter mais prend des lettres

 - c'est un T U

Qu'est-ce qu'on entend d'autre? Je lui demande de me regarder Je fais les gestes des lettres. Cette fois il coopère et me regarde.. Je mets en place A V . Pour faire en il prend O, pendant que je précise qui va dans le nez N Quand tu écris "maman" c'est pas O c'est a. Mais l'autre en c'est avec E : EN.

Il a du mal avec le R  écrit RU RO R.

'C'est après le U' Il a beaucoup de mal même pour le lire, tendance à anticiper RE.

'C'est fini, bravo, bonnes vacances.'

Les avancées de son langage
Yann a beaucoup progressé cette année même s'il ne peut encore suivre un autre fil que le sien par rapport à son interlocuteur. Il utilise de plus en plus d'outils grammaticaux et grâce au travail d'écriture des mots sa parole devient de plus en plus compréhensible même pour les non familiers.
La comparaison des deux corpus en témoigne. Il a fallu tout un travail de cadrage, bien au delà d'une rééducation de la parole pour y parvenir. Ses stéréotypies ont pratiquement disparu mais, selon le témoignage des éducateurs, il part encore dans son monde...

Un autre monde

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Séquentialité Parole et Ecrit (trisomie)

Publié le par Jaz

Figurer la séquentialité

Figurer la séquentialité

Au programme du jour : vérifier l'acquisition du scénario et du nom des pays recensés à partir des dessins des drapeaux photographiés. Une de ses difficultés à les écrire vient de l'ordre des lettres dans la syllabe. Et bien sûr, où en est-il de la lecture? Si tout se passe comme d'habitude, la façon de "travailler" cette question va venir de ce qui va se passer dès le départ...

LE SCENARIO

Nous nous saluons à l'interphone. Quand je lui demande : "tu es seul?" Il répond

- avec Catherine.

Le langage et l'expression spontanée

Puis il entre en me demandant

- Tu connais moi chanter ?

et chantonne tout heureux pendant que sa mère me met au courant de sa dernière trouvaille. Il a préparé toutes ses affaires comme s'il s'agissait d'aller en colo, tout bien rangé, en tas, parce que on avait évoqué un voyage et qu'il avait un air appris à la colo dans la tête.

Autrement dit, il a tout mélangé.

Il chante quelque chose qui ressemble à la chanson de la mer. Nous ne reconnaissons pas ce qu'il chante. Il précise :

- on a été en voiture

- Qui ? Quand ?

- La colonie, on a vu la chanson. Ah... Je vais voir Micka, on a vu internet.

J'attrappe une feuille et commence le tableau ci-dessus en traçant la flèche de aujourd'hui et commence à situer ce dont nous parlons en évoquant le tableau classique du temps où on raconte le bébé qui grandit puis le garçon au cours de l'année précédente. Il s'agit cette fois non plus d'aborder mais de "travailler" ce domaine. Je pose les évènements au fur et à mesure.

- Mercredi dernier photos

Quand j'étais petit  photos.

Puis sa mère rappelle le travail qu'ils font avec les mots fléchés pendant qu'ils voyagent en voiture. Elle lui dicte en insistant sur les sons des lettres qu'elle prononce (elle devant) qu'il écrit, lui derrière.

Il enchaîne sur son désir de montrer ceux qu'il connait :

- tous les prénoms des pays

Je précise bien sûr pas les prénoms mais les noms.

ECRIRE : sélection des lettres et ordre de disposition

- Espagne

Il sort le P puis E. Il place ce dernier en début de mot. Je lui demande 'et pour faire esss tu mets quoi après'? il trouve S et le place après.

Après le p. Il redit le mot mais je dois redire à mon tour en m'arrêtant à espa... pour le lui faire entendre.

Je lui dis alors 'ensuite c'est comme pour Allemagne'.

- Ah oui, je me souviens!

Il sort le G

- ah voilà. C'est çuila, j'ai trouvé!

'et après?' je prononce le nnn en insistant beaucoup

j'ajoute 'et le petit e qu'on ne prononce pas'

Il prend un S qu'il avait mis de côté à sa droite et l'ajoute au mot écrit :

ESPAGNE S

'Il n'y a pas d's, il n'y a qu'un seul pays'..en enchaînant:

'Et Brésil c'est un ?'

B

'à côté qu'est-ce qu'on entend?'

il prend un E, je dis

' é mais avant le le é?'

je prononce Brrr en insistant rrr  et finis par écrire sur la feuille où je prends des notes pour le lui montrer   r  R. Il le trouve parmi les lettres de Jarnac et j'enchaîne

'pour mettre z on peut prendre un s tout seul'. Il prend S

Je dois prolonger le iiiiiii pour qu'il l'entende. Il le trouve mais veut placer le I avant le s à côté de é..

C'est alors que je prends la feuille du tableau en image ci-dessus et lui situe le s sur maintenant (que j'écris verticalement en parallèle de aujourd'hui) ajoute avant du côté du passé

'et le i après, à droite'.

Il trouve L quand je redis le mot en le prolongeant llll.

Il a écrit BRESIL

En dehors du r qui se situe dans un groupe consonantique (tableau que sa mère n'a pas le temps de lui faire travailler encore et encore), Yann a su trouver les lettres correspondant aux sons lorsqu'ils étaient prolongés suffisamment pour qu'il puisse les percevoir. Mais quand il passe à l'étape de les placer, il retrouverait des syllabes apprises globalement dans un apprentissage syllabique : li pour il par exemple... D'où le besoin de lui donner des repères.

Pour Angleterre il sort des lettres

E T E   L A

Je reprends la main 'Comment on fait an?' il prend N je précise 'et avant, a'. Je montre sur le tableau et,  surprise, il semble comprendre :

- Ah ouais ! il compose AN

Maintenant gle. Il prend le Q. Je l'arrête 'non l'autre qui ressemble beaucoup.' Il trouve G. 'Le mettre à côté' J'insiste sur le llll. Il trouve le L, ajoute un des E met le T. On passe à erre, je lui dis 'comme tu as fais es ". Il me montre le R de BR mais veut écrire RE. On remontre sur le tableau l'ordre : Yann les repositionne, j'en profite pour insister sur le son rrrrr et ajoute qu'on en met 2 avec le petit e à la fin.

Il relit ce qu'il a écrit ANGLETERRE en syllabant et en prononçant teur à la fin.Je le corrige et j'ajoute 'tu vois que tu vas faire des progrès pour parler'.

- J'ai 50 photos.

LECTURE

Et nous passons à l'ordinateur où je lui propose de lire LOLA LA GIRAFE un ppt de Christine Barthelemy/Le.Galliard, accessible sur Pontt. Nous avions essayé il y a quelque temps mais ce n'était pas évident. (Je l'ai même proposé à Miloud (27 ans, non-lecteur) une fois pour l'aider à dépasser son mot à mot... et sa peur de l'erreur qui fait tout mélanger)

Maintenant, la lecture de son texte (contraste de couleur syllabique) est beaucoup plus facile, je lis ma partie après lui avoir fait nommer ce qu'on voit sur l'image et qui se retrouvera dans le texte pour qu'il dispose du lexique. Nous ne ferons que 3 pages. Il n'en peut plus de tant d'efforts mais est heureux de réussir.

Lola la Girafe : langage et lecture facileLola la Girafe : langage et lecture facile

Lola la Girafe : langage et lecture facile

DISCUSSION de ce qui se met en place
Le scénario est acquis ou plutôt Yann a intégré une partie de sa routine interactive : la réponse avec, à - tu es seul ? Il ne reste plus qu’à reprendre l’énoncé attendu, ce qui viendra sûrement ensuite.

http://jazblogtest.over-blog.com/2016/05/avec-outil-pour-une-quete-d-identite-trisomie.html

Qu’en est-il du travail de lecture/écriture, aide à la mémorisation du mot dans la mesure où la parole ne peut soutenir cette restitution puisqu’il semble que l’écrit semble étayer sa mise en place ? Un article précédent l’a développé au cours des deux dernières séances en discutant la mise en place de représentations.

http://jazblogtest.over-blog.com/2016/05/comment-l-ecrit-aide-a-parler-mieux-trisomie.html

Ce qu'apporte ce nouvel article vient de l'introduction d'une référence au temps dans une figuration spatialisée, orientée par la place du sujet et de son énonciation. Ce tableau a permis non seulement de mettre de l'ordre dans la restitution d'évènements surgissant sur un mode associatif, mais a donné un support pour figurer un ordre séquentiel dans la constitution d'une syllabe à l'aide de lettres mobiles. Il s'agit bien d'un espace orienté .

Le tableau proposé n'était pas nécessairement au programme. Il s'est imposé par l'urgence de mettre de l'ordre dans la tête de Yann qui prenait son désir pour la réalité : se préparer à partir en colonie en l'occurence. Il participe de façon primordiale au travail de structuration de la pensée de ce jeune handicapé mental, plein de bonne volonté mais qui a des "moyens limités" selon l'expression consacrée, même si notre travail en repousse sans cesse les limites.

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Comment l'écrit aide à parler mieux. Trisomie

Publié le par Jaz

Travail d'analyse et séquentialitéTravail d'analyse et séquentialité

Travail d'analyse et séquentialité

L'article suivant se situe sur le plan de l'énoncé. Que s'est-il passé après la mise en place du scénario pour Yann (21 ans, trisomique) pendant les deux séances évoquées?

Cette première séance où nous avons posé "avec" pour différencier syntaxiquement deux personnes, Yann et son père, en définissant leur relation, nous sommes allés travailler seuls. Il a ses photos et va beaucoup parler (en bleu), tout heureux de me les montrer et de les commenter. J'ai du mal à suivre parfois. La transcription n'est pas rigoureuse et tend à rendre compte des simplifications ou des déformations des mots que nous aurons à travailler. La première personne est transcrite souvent par J  même s'il n'est pas parfaitement articulé.

Lorsque je lui demande ce qu'il pourrait me raconter, il sort son appareil en disant :

Description d'images

Ah oui, j'ai des kaplas

- ça c'est encore des nouveaux. Ça représente quoi ?

c'est maison

des...

- et là ?

cela c'est un pays, c'est l'epane (Espagne)

- C'est là qu'il y a le taureau ?

oui

- Comment ça s'appelle ?

Autour c'est un grand cercle. Le terrain c'est sable là-bas. C'est olé (geste de la main). C'est un taro (taureau) les deux cornes, avec les doigts

- La corrida

la corrida oui c'est ça..

Là y a un bateau.

- Pourquoi y a ces bâtons là ?

C'est là-haut et en bas. Sur le bateau. Ah oui, c'est un bateau-mouche je crois.

C'est l'plus grosse bateau que j'ai vu.

Ah oui.

- Cela ? C'est quoi ?

C'est la, un carré un grand sapéto (chapiteau) cik Pinder.

Mise en mots pour un récit

Moi zé vu un film zé gadé le roi lion Saba l'est la Lala Poba petit puis grand.

- comment il s'appelle ? Tu connais la chanson ?

Oui ze connais. Oscar. Le roi Omar est mort. Des hyènes.

après i est mort des hyènes

après i est blessé

après i é fait une grosse bêtise e mis le feu.

Je crois qu'c'est ça.

Le roi est mort. des .. i a glissé défoi (des fois) . Un père s'appelle Séba.. l'est plus le roi. L'est mort.

Après Oscar. Un film. Le roi est mort.

- Tu dis pas tous les mots pour que je comprenne !

Je refuse la piste de ouistiti et l'interroge sur sa mère qui est à une réunion d'Association.

Retour au vécu

- Alors où est maman ?

y a encore une rendez-vous

- qu'est-ce que tu fais avec papa quand maman n'est pas là ?

Ach'té des course an (au) marché.

Il me parle alors d'un chanteur

je connais Zé trouvé un tube internet

- moi pas (il prend une photo du divan qui sert d'étagère). Moi y en a plein, 43.

Moi un dézago Là Le feu la glace la foudre et la terre

Je ne comprends plus rien. Il regarde les photos qu'il a prises.

- Il y a autre chose dont tu voudrais qu'on parle ?

Ah oui zé vu l'Espagne

c'est un drapeau espagnol

l'angleterre

- çui-là c'est toi qui l'a fait

et la France

et mamane

Etayage : visualisation du mot écrit

Il s'agit de "l'Allemagne" et nous le construisons progressivement sur la feuille représentée ci-dessus. Je cherche ce qui peut marcher pour l'aider à mieux prononcer en passant par ce qu'il connait, à le faire différencier etc...

Puis ce sera l'Argentine.

... assetine

Nous chercherons ensemble le 3e drapeau : europe...

Discussion des CONDUITES LANGAGIERES mobilisées dans le corpus

Une première conduite descriptive s’amorce lorsqu’il ne peut nommer la corrida. Il mime ce qu’il évoque debout puis se rassoit. Il parvient à nommer le bateau et fait un commentaire évaluatif qu’il confirme « ah oui ! ». Il décrit puis nomme le cirque mais semble associer sur les animaux et se met à raconter ce qui se révèle être un film. On retrouve les commentaires et ce qui ressemble à un contrôle métacognif « je crois que c’est ça ». Le « après » est un simple connecteur sans valeur de temporalité, car il semble s’appuyer sur un ordre logique inversée : il part du résultat pour remonter à ce qui l’a provoqué (hypothèse car je ne connais pas l’histoire). Il associe logiquement « il est plus roi, il est mort ».
Quand le dialogue le recentre sur le vécu, il repart dans ses initiatives, il a trouvé un chanteur…
De retour aux photos, il y a celles des drapeaux et le travail de PAROLE commence. Ce sont des mots dont son oreille ne peut saisir la structure, qu’il n’a pas retenus lors des nominations antérieures orales et écrites et le passage par la visualisation de l’écrit va aider à en mettre en place l’articulation. Cela tiendra-t-il cette fois ?

Nous arrivons à la séance suivante où nous avons tenté d'inscrire le scénario de la précédente en l'adaptant et le lui faisant raconter en réalisant l'image lui-même.

Sa mère nous laisse et je lui laisse le choix de l'activité, écrire des mots avec Jarnac ou ses photos.

Je sais pas

Il commence par aller saluer M* qui était venu chercher sa mère pour le café traditionnel et rapporte l'appareil photo.

Mais je préfère reprendre la feuille des drapeaux (cf. ci-dessus) et la lui fait relire. Argentine n'est pas encore bien en place. Europe est pas mal.

Avec les lettres de Jarnac, sans modèle écrit sous les yeux, il commence par Europe (l'écrit est en vert).

Yann sort les lettres re  i u o ajoute un p pendant que je prononce les syllabes et le guide.

Nous rectifions l'ordre e/r et je précise eu/r  o  p et on ajoute un petit e.

Il écrit presque seul Argentine. Il prend les lettres ahi m q u na. Le q est pour le g. Nous les remettons en ordre pour les sons : na mis pour an=en, puis nous cherchons à remplir les "paniers" et il saura lire le mot après (sauf le r escamoté). Il s'est donc guidé sur l'écrire pour le dire. Amorce d'une construction de représentation ?

Pour Allemagne, j'avais caché le l' et ne le prononce pas quand il le relit pour l'écrire :  ell ma genil le relit mamane  (reconnaissance de son sens après un déchiffrage approximatif !) comme la semaine précédente, puis nous le "travaillons".

Hypothèses : le a est absent. ell est mis pour lle - gen est mis pour gne. Les interversions sont quasi systématiques à l'intérieur de la syllabe.

Le 1er mot du modèle comportait l'article l'. En m'y référant, je le déplace sur les autres mots écrits pour lui montrer qu'il est avant mais pas dans le mot.

Je lui demande ce qu'il veur écrire d'autre: Il écrit avec un commentaire...

France

Je bête moi.

Il commence FRA ya C E

Qu'est-ce qui manque? n pour an.

Il est très fier et prend une photo.

Il veut ensuite aller sur le piano de l'ordinateur. Il se défoule un peu puis choisit "Le collier" (niveau facile, séquence de 3 éléments) sur TVneurones. Histoire de se restaurer après de tels efforts. A chaque fois il est heureux de lire son score et arrive maintenant à lire les centaines 535 etc... Je demande alors lequel est le meilleur etc...

Laissé seul il se trompe parfois (le signal sonore m'avertit) ? J'interviens pour qu'il prenne l'habitude de contrôler son choix. et produit de nombreux commentaires d'action :

Je crois c'est même... J'ai raison... oui... c'est lui... pas trompé

CONSTRUIRE DES REPRESENTATIONS ?
Lorsque le schème du mot ne s’installe pas dans le langage oral, alors que tous les jeux des prérequis ont été largement pratiqués, peut-on s’appuyer sur une connaissance relative des lettres pour aider à le mettre en place, pour marquer la place, visuellement et par la manipulation, des phonèmes manquant ou déplacés dans les mots que Yann essaie d’utiliser pour dénommer par exemple ? Il a par ailleurs tout un stock de mots d’usage, d’expressions qui relèvent de commentaires d’action et d’évaluation qui ne sont pas à proprement parler de l’ordre du langage référentiel. Il s’est forgé, avec un énorme retard, un vocabulaire sur la base de simplifications et déformations qui rendent les mots difficilement reconnaissables.
Si sa parole présente les caractéristiques d’un retard de parole, « la rééducation » est bien différente de celle qu’on pratique avec de jeunes enfants présentant ce trouble de l’acquisition.
L’exemple de- mamane- pour « Allemagne » est significatif. Il en a fixé une forme orale simplifiée et aura du mal à en fixer une autre. Il est toujours limité sur le plan du nombre d’éléments à retenir (3), et en reste, dans la correspondance graphophonétique, aux éléments de base, sans les diphtongues, groupes consonantiques etc… Il n’enregistre pas le travail réalisé sur différents supports, rappelés pourtant à chaque fois…
La désorganisation des éléments qu’il sait parfois choisir pour reconstituer un mot étudié situe une difficulté majeure sur le plan de la séquentialité.

Une autre entrée : Laure

Comme Lucas (dysphasique mais pas que...) Yann entre dans l'expression spontanée prioritairement par des commentaires d'action. Il semble avoir intégré quelques énoncés tout faits de base, salutations réduites à l'extrême par ses difficultés de parole. L'étayage de ces deux dernières séances va-t-il permettre de les enrichir, le fait de les avoir écrit facilitera-t-il leur réécriture, aidera-t-il à installer le schème du mot ? Comment aborder la question de la séquentialité pour l'aider à respecter l'ordre de la prononciation de l'oral lorsqu'il pose les lettres pour écrire ?

La séance suivante permettra peut-être d'avancer dans ce sens.

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