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3 articles avec identite

Mots croisés et langage pour Yann (trisomie)

Publié le par Jaz

étape vers le langage en lien avec l'écrit (mots croisés à proposer après la maison)

étape vers le langage en lien avec l'écrit (mots croisés à proposer après la maison)

Dès le départ de la séance, je prends la main en proposant à Yann, 21 ans, de faire chacun notre gymnastique, lui sur le vélo et moi sur mon nubax et quand j'aurai fini on s'installera. J'ai besoin  du contrôle de sa mère et j'évite ainsi qu'il s'installe d'emblée sur le vélo et ne veuille plus en partir comme la fois précédente. Ensuite seulement je mets en place son tabouret et, en prenant les livres de la dernière fois, je lui demande comme j'avais prévu de le faire 'on n'en a plus besoin?', il baisse un peu la tête et répète a mi-voix, affirmatif, "on n'en a plus besoin" il les prend et les met, à ma demande, sur le lit avec le tas d'autres qui ont servi d'autres fois.

Je lui demande alors 'qu'est-ce que tu me racontes aujourd'hui?'

- "j'sais pas"

- 'Tu as travaillé avec maman?'

- "oh la la !!" en s'affalant sur la table. Il sort alors son appareil photo et veut me montrer une photo en disant :

- "c'est ma Romé" je ne comrends pas et sa mère le guide 'grand' il reprend "grand-père" puis corrigera "grand-mère et là c'est moi" (petit) très excité, presque jubilatoire.

Et il conclut après que je l'ai identifié également "elle est morte pour moi" évoquant cette parole si différente prononcée quand il me l'a annoncé

"adieu mamie, tu manques à moi" qui a permis à quelqu'un de faire un travail de deuil comme il semble l'avoir fait maintenant.

Je ne peux m'empêcher d'associer (pour moi) cette excitation à la jubilation de JuJu lorsqu'il s'était reconnu dans le montage des séances que nous avions filmées.

habiter son corps et sa parole pour un IMC

Comme annoncé dans le dernier article paru sur l'autre blog, la séance s'est orientée sur les mots croisés.

Premier cahier

Sa mère avait trouvé un ancien cahier de sa soeur, effacé les noms et il s'agissait pour lui, de recopier dans la grille à la place où elle était dessinée en rappel, le mot écrit sous l'image. Du moins est-ce ainsi que Yann s'y était pris avec beaucoup de plaisir. 

Je m'exclame: 'C'est toi qui a fait ça!'

- "oui et z'ai fait l'autre aussi"

- 'attends j'ai pas regardé!'

Il reste la dernière page, nous nous y mettons, le support en est différent, plus sobre et surtout les mots des images sont en écriture attachée, et sur la même page la grille,

La première image qu'il repère est celle d'un poney et il fait semblant de lire en disant "cheval." J'essaie de lui faire déchiffrer le mot qu'il allait placer. Il continue et marque des nombres (points?) comme s'il jouait à la télé (quelle émission?) "Ça fait 11". (le suivant) "ça fait 8" etc... Ce ne sont pas les lettres mais alors sur quoi se base-t-il? Mystère. Il se donnerait le cadre d'un jeu télé pour se motiver?

Quelle stratégie a-t-il, reconnait-il les mots parfois ou seulement les images dont il recopiait jusque là le mot correspondant. Pour maison, il l'identifie puis déchiffre plus ou moins au moment de l'écrire mai puis retourne aux lettres MA. Je lui montre sur le tableau la ligne du é en lui disant 'et à côté du a qu'est-ce qu'il faut pour qu'on entende é?' il redit en l'écrivant MAI. Dans un mot il y a BL, en attaché il veut vérifier "c'est B?" (nom de la lettre). Il trouve ballon et met 7 en haut de la colonne en disant " 7 gris".

Pour ambulance, il vérifie en demandant "c'est B?" et s'exclame (déjà inscrit) "oui! ah oui! Il est là!". Il met i au lieu de u, sa mère intervient, 'ça fait ambi, c'est ça?'. Il commente, "ah mince suis trompé, ouf sauvé!" Il écrit à 'qu'est ce qu'il faut ajouter?' la mère souffle 'n'

"é gagné. Et voilà. Terminé.

Nous passons au nouveau support que je lui propose.

Mots croisés sur un autre thème que celui du corpus
Mots croisés sur un autre thème que celui du corpus

Mots croisés sur un autre thème que celui du corpus

Mode d'emploi du 2e "La maison"

Celui de l'illustration est sur le même principe mais nous découvrons celui qui a pour thème "la maison".

Il y a 2 sortes de numérotation pour les définitions qui accompagnent l'image une pour le nombre de lettres à la fin et l'autre au début pour son numéro  dans la grille. Nous n'avons pas encore précisé verticalement et horizontalement.

Ces énoncés représentent un premier pas vers le sens du mot qui ne passerait pas par l'image. C'est aussi la base d'un travail de langage. Avec les petits, je commençais par explorer la page qui contextualise les objets dessinés et définis sans être nommés sur la page d'à côté. 

Sur la dernière page qui récapitule les noms de la grille, j'ai effacé les numéros qui servaient de repères pour les situer afin qu'il fasse l'effort d'essayer de les retenir par une stratégie ou une autre (syllabique et/ou lettre à lettre voire semi-globale). Comme il cherchait dans toute la page (il avait repéré que le même mot pouvait apparaître plusieurs fois avec "chien") J'ai mis le N° 1 pour la 1ère grille et une accolade pour signifier qu'on travaillait sur celle-la.

Consigne : 'tu trouves le nom des dessins. Tu te repères avec les numéros pour les écrire dans la grille. Si c'est dur on va voir la page où ils sont écrits. Tu essaies de te rappeler pour venir l'écrire à sa place dans la grille.'

Je lui ferai rayer ceux qu'il aura déjà inscrits;

Corpus du cahier "maison"

Je désigne le pot. On va voir comment il s'écrit. Il revient sur la page. On regarde le numéro. Il a bien 3 lettres, comme c'est indiqué.

Porte. Il compte les lettres, Il l'épelle puis l'écrit... "za pas regardé

Chien "zé vu passer" il l'épelle, il le voit dans la grille suivante ce qui semble indiquer un repérage global.

Je propose, tu veux prendre celui-là? Chaise. Il a du mal à trouver le nom. je l'aide. Nous allons à la dernière page. Il compte les lettres, il triche et retourne voir pour écrire. Il faudra l'aider pour montrer le ai pour faire é sur le tableau.

Il trouve Cheminée. Je lis la définition comme pour les autres mots d'ailleurs. Je le lui fais répéter en syllabant che mi née. Il trouve le mot écrit puis pour le placer il a du mal à mettre le E de CHE (je répète le mot) il trouve le M puis le I mais pas le N je l'aide et il met les 2 EE de mémoire.

Il reste des mots pas vus (pas rayés). 'Quelle image on regarde?'

Désigne et dit "fenêtre". Je lis la définition. J'essaie d'expliquer volets qui n'est pas dans son vocabulaire. Je le lui dit et le fais chercher dans les mots pas encore rayés. Il cherche n'importe où, d'où la nécessité d'ajouter une accolade pour cibler la liste. Il compte les lettres, il trouve le L il faut l'aider pour trouver le ET sur le tableau. Pour le 7 je lui dis 'il y en a deux'.

Il voudrait abandonner... Il ne reconnait pas l'image de la barrière. Je passe à brouette. Il ne sait pas la nommer non plus même avec la définition. Nous allons dans la liste et il identifie barrière. "Ah c'est ça!" Il se souviendra des RR. Brou (ne trouve pas tout de suite le ou).

Il identifie le parasol Plusieurs lettre sont écrites, 'tu regardes les lettres qui manquent c'est amusant tu vas y arriver sans aller voir les lettres qui manquent.' Il va vérifier, c'est facile à lire, il compte les lettres mais voudra mettre un E à la fin. "Ah zé pas vu."

Seul mot qui reste tuyau. La définition ne suffit pas à le nommer mais c'est le dernier mot non barré. Il épelle, compte les lettres et repart vers la grille en tenant à moitié pliée la page pour retrouver le modèle. Je l'ai aidé à lire...

Il peut être fier. C'est super et il a dépassé son seuil de concentration où il voulait abandonner.

PS je donne à sa mère le livre de lecture de Borel N°1 (Bien lire et aimer lire) pour reprendre ce qu'il faisait sur des photocopies, selon les besoins et le "Jeu de mots" N° 2 de Marie de Maistre qui permet de "travailler" là où il en est justement de son acquisition de l'écrit. 

 

La maison : le jardin. Grille remplie selon corpus ci-dessus

La maison : le jardin. Grille remplie selon corpus ci-dessus

ORAL/ÉCRIT ÉCRIT/ORAL l'un aide l'autre et réciproquement mais les limites des des acquisitions de Yann se manifestent sur les deux plans : il n'y a pas que la parole qui n'est pas encore en place mais le vocabulaire reste très limité. Un travail de "langage" pourrait lui être bénéfique s'il était dans le cadre d'une prise en charge plus soutenue, comme pour les enfants... mais, adulte, il "travaille". Avant il n'était pas prêt. Il pourrait en être de même pour l'écrit, mieux cibler l'association, mais sa mère n'est pas familière de ce type de démarche et, débordée par ailleurs, n'aurait pas suffisamment de temps pour renforcer le travail que nous ne faisons qu'amorcer.

Malgré ces réserves, Yann progresse beaucoup comme en témoigne ce dernier corpus. Faisons lui confiance pour tirer le meilleur parti de ce que nous pouvons lui apporter.

Son propos pour évoquer le décès de sa grand-mère en début d'article en témoigne. Il est entré dans l'abstraction en utilisant le mot "mort" au lieu de qualifier ce qu'il ressentait seulement aussi juste qu'ait été sa façon de l'exprimer.

Et comme toujours il a des phrases à chaque fois plus parfaitement adaptées à la situation dans ses commentaires spontanés.

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"Avec" Outil pour une quête d'identité (trisomie)

Publié le par Jaz

De la parataxe à la syntaxe dans l'énonciation
De la parataxe à la syntaxe dans l'énonciation
De la parataxe à la syntaxe dans l'énonciation

De la parataxe à la syntaxe dans l'énonciation

Il s'agit De Yann cette fois. Il n'en est pas au jeu qu'implique l'usage des pronoms dans l'article sur la réversibilité dans l'énonciation avec Artus. Yann juxtapose les mots sans utiliser les outils fonctionnels que sont les prépositions par exemple.

Ce jour là, son père l'accompagne. je le sais, aussi depuis l'interphone, je modifie la routine en lui demandant : Tu es seul ? J'insiste et il répond quelque chose qui ressemble à :

- e papa.

Nous nous installons et je dessine le scénario pour situer sa réponse.

Nous parlons de ses projets pour le lendemain  et il me dit

- manger Anthony

je m'esclaffe et réalise alors la 2e feuille pour lui faire intégrer davantage le travail de la première.

Les mots remplacent le dessin des personnages et la préposition souligne la séparation nécessaire entre deux personnes distinctes. Il était dans une vraie relation fusionnelle avec ce copain lorsqu'ils avaient partagé une même chambre, incapable de différencier son linge de celui de l'autre par exemple, et au retour de leur séjour, sa mère avait du lui apprendre à reconnaitre à qui était celui qui sortait de la machine à laver !

Nous discuterons ensuite sur la base des photos qu'il a prises et je tâcherai de le comprendre sans la traduction et les commentaires maternels, corpus qui sera présenté  dans l'article suivant.

Il part quelques jours en vacances et 15 jours plus tard, sa mère l'accompagne à nouveau.

Le scénario se renouvelle à l'identique, il n'a bien sûr pas intégré l'usage de la préposition.

Sa mère est présente, nous ne sommes plus seuls. il s'installe d'entrée de jeu sur le vélo d'appartement, attrappe dans le panier voisin le crocodile et le dynosaure  qu'il fait dévorer par ce dernier. Il se décide enfin à venir s'asseoir à sa place et quand il est installé, je lui enlève les animaux jouets (pauvre crocodile à la maâchoire fendue) et lui redonne le dessin de la fois précédente. Nous le relisons ensemble, il répète l'énoncé pour montrer à maman une façon de s'y prendre pour mieux parler.. Puis je lui demande de redessiner le scénario, avec ceux qui sont là aujourd'hui. Il se fait prier mais finit par dessiner un personnage dans la maison, puis un à l'extérieur, et enfin un deuxième.

Cela nous a pris beaucoup de temps  et lui a beaucoup "coûté" !

Il écrit ma question, j'épelle "seul". Je lui signale que le ? veut dire qu'on pose une question. Je cache le modèle pour  qu'il écrive l'énoncé. Nous le reconstituons à partir des dessins. Il va identifier les personnages en écrivant leur nom. Pour le petit bonhomme "c'est qui?"

- c'est Catherine (presque chuchoté)

Je lui fais remarquer qu'il aurait pu lui mettre une jupe comme à moi. Au moment de nommer par écrit les personnages, il écrit maman.

Pour retrouver la réponse à la question à partir du scénario, je montre les personnages du dessin il recopie leur nom et je lui tends un crayon de couleur pour le petit mot qui dit qu'on est ensemble, le mot m'échappe, "avec qui tu es?".(ce genre de lapsus est très fréquent mais n'aide pas pour autant systématiquement comme cela s'est passé avec Sénia)

Nous passons à lire la deuxième feuille de la fois précédente, (je l'aide pour main que je prononce car il va de lettre/syllabe en mot connu monosyllabique) et j'insiste sur le fait que c'était ce qu'il désirait qui ne s'était d'ailleurs pas passé. Sa mère ajoute, tu l'as vu aux percussions. Aujourd'hui, seul avec maman (père et soeur en vacances) ce sera peut-être possible : sa mère avait envisagé de partager ce moment en appelant la mère de son copain...) et même essayer un cinéma...

Sa mère nous laisse. La séance se poursuivra autour d'écrire des mots. Je le laisserai essayer de retrouver ceux que nous avions travaillés la fois précédente à partir de ses choix de photos.

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Transmission : famille culture et émotion

Publié le par Jaz

Présentation en diaporama des processus impliqués (extrait du diaporama)

Présentation en diaporama des processus impliqués (extrait du diaporama)

On pose le problème de l’incertitude d’une évaluation du langage par des tests, diagnostic différentiel à établir entre des difficultés relevant de dysfonctionnements cognitifs et celles d’origine psycho-affectives, en lien avec la difficulté de pratiquer une anamnèse qui rende compte des aléas des histoires tant familiales qu’individuelles, dans un contexte de migration. Les pistes à suivre sont multiples. Quel est le rapport au langage des membres de la famille, quels sont ses usages de langues ; en quoi renforcent-ils, tout autant que certaines pratiques culturelles, des difficultés qui seraient d’ordre génétique au niveau des apprentissages ? Comment la famille s’inscrit-elle dans un processus d’acculturation, en particulier lorsque le vécu de la mère rend compte de difficultés dans la gestion de ses émotions, ce qui ouvre le champ du « psychoaffectif » sans qu’il s’agisse d’un syndrome psychopathologique caractérisé ? Il s’agit donc, pour un orthophoniste pratiquant en libéral, de rechercher à quoi imputer les difficultés d’assimilation du français dans le contexte scolaire, que ce soit au niveau de la communication orale pour les plus jeunes, puis, du langage « scolaire » à la base des apprentissages dans le champ de l’écrit ? Il s’agit de trouver comment aider des enfants pris dans des problématiques familiales différentes, même s’il s’agit d’une même culture de référence.

Site sos lire écrire

Il s'agit d'une communication faite en 2005 à Alger dans le cadre d'un colloque de l'ARIC (Association pour la recherche interculturelle) où je présentais sous forme de ppt une réflexion sur l'importance de la transmission familiale dans la gestion des émotions d'apprenants d'une autre langue maternelle que le français, en difficulté avec le langage oral et écrit, en particulier dyslexiques. J'y posais la question de la complexité des bases à connaitre pour le praticien avant de poser un diagnostic différentiel afin de déterminer les modalités d'une intervention thérapeutique.

Si je  propose cette présentation ainsi dans ce blog, alors qu'elle est déjà sur le site, c'est que la problématique de transmission exposée reste valable en dehors même du thème particulier retenu pour cette communication.

Ainsi le ppt permet-il d'explorer l'entour de l'enfant, quel qu'il soit, et de mettre en évidence les processus en jeu dans le cadre même de l'acquisition du langage, a fortiori d'un apprentissage de langue autre que la langue dite maternelle. L'histoire de chaque enfant est unique, tout comme lui, mais faut-il pouvoir encore l'identifier pour pouvoir l'aider, qu'on soit parent, éducateur, enseignant, thérapeute etc...

Les textes correspondants sont dans les deux premiers liens du site :

Présentation orale du ppt

Texte publié de la communication : Diagnostic Différentiel des troubles d'acquisition du langage en contexte interculturel milieu défavorisé.

Le ppt est à télécharger sur free à partir du lien ci-dessous, pour le télécharger, voir l'une des vidéos de free, choisir de l'enregistrer ou non, puis quand il s'affiche cliquer sur le verre (en bas) pour le lire en diaporama : le texte et les illustrations apparaissent et changent au clic de souris. Bonne lecture et n'hésitez pas à poser des questions ou faire des commentaires ici même.

DiagnosticDifférentiel2.ppt.pptx

(3 févier) Bonne lecture et surtout s'il y a des termes dont vous ignorez le sens, n'hésitez pas à demander des explicitations de tout l'implicite qu'ils impliquent. Cf. Discussion des implicites sur le site.

 

 

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