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7 articles avec dys

Adieu à 2015 Bienvenue à 2016

Publié le par Jaz

à l'image d'une transmission ?

à l'image d'une transmission ?

Témoignage personnel : tourner une page

Dure leçon de l'impulsivité et des problèmes d'automatismes croisés. D'un code à l'autre, d'un Mac au PC, majuscule ou pas, intervalle ou pas, ne pas contrôler l'automatisme comme d'habitude, bref un essai de trop et pftt, la fin d'une histoire de rencontre.

Cette dernière année finissante a vu la disparition de mes fonctions de rédactrice, avec la perte de mon identifiant, pour le site http://sos.lire.ecrire.free.fr .

15 ans de bons et loyaux services. Le temps passe, les idées demeurent. Je remercie encore Frédérique Mattéi de m'avoir permis de l'alimenter si longtemps alors qu'elle a changé de vie et ne publie plus depuis longtemps nulle part. Elle a disparu avec les codes... Elle me les avait proposés il y a longtemps mais je m'étais sentie dépassée et ne croyais pas à l'imminence de sa disparition du net. Le site perdure, certes, mais sans nouvel apport. N'hésitez pas à vous y rendre pour qu'il ne tombe pas dans les oubliettes de free! De nombreux liens vous y mènent.

Il me reste les deux blogs pour discuter mes hypothèses de travail puisque je pratique encore d'une certaine façon. Peut-on s'arrêter jamais ? Cela est, et aura été ma vie quand je ne pourrai plus assurer, ma destinée, s'il faut l'évoquer comme j'en ai discuté avec Miloud...

Le deuil est difficile mais il faut bien s'y résoudre. De nouvelles opportunités vont sûrement surgir, et cette contrariété n'a que peu d'importance face aux bouleversements et horreurs du monde d'aujourd'hui. Puis-je, encore, croire en l'avenir ? je m'y efforce pour mes petits enfants, avec toujours cet autre "émotionnel" qui me tient à distance dans mes relations les plus personnelles.

Je communique "autrement" me semble-t-il encore et toujours.

Un mot à propos de ceux que j'espère pouvoir accompagner encore et encore.

Yann qui va avoir 21 ans, n'a pas fini de grandir. Son insertion sociale dans un univers adulte en est l'enjeu. Il lui faut non seulement améliorer sa "parole" mais entraîner son accès à quelques bases d'écrit... en lien avec sa compréhension de l'univers de mots qui l'entourent et des règles de vie tout court.

Miloud, 28 ans au moins, est encore trop assujetti à l'image qu'il donne de lui-même pour se risquer à "lâcher", bien qu'il s'en approche de plus en plus. Ne plus s'inquiéter de la barre à franchir pour pouvoir "écrire". Accepter de se montrer tel qu'il est, erreurs comprises.

Artus, 26 ans, se rebelle contre le désir de sa famille de le voir tenter un CAP. L'apprentissage "scolaire" en renforcement de ses automatismes déjà acquis, réalisé par une jeune orthophoniste, ne le sécurise pas, il n'y arrive pas. Il aime s'en tenir à des routines pas trop contraignantes sur le plan intellectuel. J'ai moi-même renoncé à le faire aller plus loin au niveau cognitif et vise maintenant sa capacité à raconter... qui me semble si essentielle à tout développement du langage et épanouissement de soi. C'est devenu son objectif : mieux parler, ne plus avoir à bégayer quand le conflit surgit.

A vous, fidèles ou nouveaux lecteurs de ce blog, si vous vous êtes accrochés à ce témoignage jusque là, j'espère pouvoir continuer à transmettre quelques bribes d'expérience, ou du moins que ces bribes deviennent le support d'une réflexion personnelle car chaque expérience est unique et n'est pas "transmissible". Nous ne sommes pas des robots, montés sur un même modèle et... le temps passe par là, apportant d'autres modalités d'échange et de transmission... Sans parler de la question des générations !!!

Que 2016 soit pour tous, une année riche en découvertes de toutes sortes dans l'espoir d'un vivre mieux ensembles pour tous.

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Des pénélopes de l'apprendre (discussion)

Publié le par Jaz

Je m’appelle youcef et je suis dyslexique .Lorsque qu’ on me demande de lire ou d’écrire je me sens malalese et stressais .Quand j’étais petit j’avais une orthophoniste ( ?),je suis réstais 2ou3 ans avec elle j’ai arretais .Quand je suis arrivais au collége en 5emme mont prof de français ma boucoup édais et je aller en orthophoniste .

Des Pénélopes de l'apprendre

AVANT-PROPOS

Il y avait eu déjà d'autres articles pour présenter le point de vue du titre sur l'apprentissage en terrain "dys" lorsque j'avais intitulé ainsi en 1991, une partie de l'article de "Lire-écrire ou comprendre l’écrit dans le dialogue en orthophonie" dans les Études de Linguistique Appliquée, 81 (83-94) "L'écrit dans l'oral".. Il y était question de Ben* (suivi de 7;6 à 9 ans) qui "apprend" ses problèmes au lieu de chercher à les comprendre face à l'impossibilité de comprendre comment sa mère avait pu naître 9 ans après la mort de celui qu'il croyait être son grand père (frère aîné de la mère mort à la guerre), hanté par la mort... Il y était question également également de Kacem, (suivi de 5 à 11 ans), qui avait pris, pour sa mère, la place de son frère mort, et de Christian (9 - 10 ans) élevé sans son père, dont la mère "n'attend(ait) que des ennuis" disait-elle alors qu'il jouait par terre, à côté de nous comme un tout petit enfant...

Ces exemples introduisaient la dimension psycho-affective pour analyser, pour des linguistes, les problèmes de ceux qui ne peuvent associer une "forme" apprise et réapprise sans cesse, au sens porté par les mots...

Autre approche, plus globale, "Lire, pourquoi faire ? ou de l’interdit de savoir. Enjeux pragmatiques et ou affectifs du cognitif". in Lecture II J.T. (1990) ARPLOEV, Rééducation Orthophonique, " Comprendre et vaincre les barrages de la communication orale ou écrite, 1991, vol 29, 168 (415-433 , analysait le jeu des représentations de tout ordre.

Ces deux articles ouvraient la voie à de nombreux autres dont je citerai le dernier publié dans cette centration "Grammaire du rééducateur, grammaire du rééduqué". Rééducation Orthophonique, 1996, 186, 141-168. Sans parler de leur réactualisation pour les analyses de la thèse intégrant de nombreux exemples (2004) et tant d'autres analyses reprises ou présentées dans le site.

LE CORPUS

Dans le blog du site consacré au départ à ceux qui apprennent autrement qu'on enseigne, un premier article de la catégorie (cf. tag) dyslexie s'intitulait "Les pénélopes de l'apprendre" en s'ouvrant sur le témoignage cité ci-dessus avec son lien (2009). Une ancienne communauté s'intitulant "émotions" proposait une démarche rejoignant la mienne pour analyser les difficultés de ce jeune adolescent, et je me centrais alors sur "Interdit d'émotions" (cf. le témoignage en question ) et  "insécurité et dépendance".  J'ai repris plus ou moins cette thématique  dans d'autres articles en mettant en avant le  "lâcher-prise"... Le travail du jour nous avait amenés à faire l'expérience de "se" programmer... en passant par le corps...

La suite, 2e article, concernait Youcef également, au moment où il témoigne (ci-dessous), après avoir tout revu des étapes suivies dans sa rééducation, lorsqu'il évoque sa capacité à se représenter le mot,

ENFIN .....

"Maintenant quand j'écris, je fais attention... si c'est un mot que je connais, j'arrive à "afficher" une image... je l'ai déjà vu écrit." (Youcef)

tout arrive, je n'y croyais plus, mais Youcef...

(Suite)

... est parvenu ensuite à construire une image des mots qu'il ne reconnait pas. Il s'est rendu autonome, et il n'a plus eu besoin de venir.

Son frère aîné, Miloud, 26 ans, présentant une autre forme de dyslexie beaucoup plus complexe et résistant à toute forme d'apprentissage, avec une histoire très différente, s'est montré jusque là incapable de fixer un lexique écrit tant par voie visuelle qu'auditive. Il ne peut se rappeler ce qu'il répète et nous devons sans cesse reprendre presque tout, avec une avancée à chaque fois, comme en témoigne son parcours détaillé dans de nombreux articles sur le blog. Il semblait toutefois qu'il ait enfin réussi à "lire pour écrire" en passant par l'épellation.

Ce qui me frappe, ce jour là, après sa ènième demande d'arriver à écrire, et son parcours habituel où il s'auto-analyse, lâchant un peu plus chaque fois, c'est qu'il réalise encore une fois son manque de confiance en lui, pour se lancer dans l'inconnu mais qu'il le rapporte cette fois à lui-même,

Ce qui me frappe également c'est son horreur d'avoir à répéter, répéter pour apprendre d'une part, et le fait que, quand il a mis en place un mot qu'il essaie d'écrire, ou qu'il le connait, il lui est beaucoup plus facile de l'épeler à l'envers d'autre part. Il redécouvre cette démarche en quelque sorte, l'exprime de lui-même, faisant un lien avec un entraînement préalable plusieurs mois auparavant (son travail l'amène à de nombreux déplacements en province). La mémoire rétrograde fait partie de l'exploration de tout bilan DL.

Mais l'horreur de répéter m'interroge et c'est cette interrogation qui est au coeur de cet article.

En effet,  Yann qui n'a rien d'un dys, trisomique mais pas que..., a, lui aussi, horreur de répéter pour arriver à placer cette troisième syllabe escamotée dans sa parole qui, à 20 ans, se construit et s'enrichit très progressivement. Là aussi les deux blogs alternent pour en détailler les modalités d'acquisition.

Et que dire de leur orthophoniste, elle-même, qui déteste tout autant répéter pour faire répéter qu'eux et s'évertue à trouver d'autres entrées pour franchir...

DISCUSSION

...le barrage de 3. Pourquoi ce seuil fatidique ? Il s'agirait du passage d'un mode de mémorisation à un autre... la répétition renforçant un chemin jusqu'à ce qu'il se fixe...

Tout se passe comme si arrivé à répéter 3 fois le mot entendu comme modèle tout se brouillait pour répéter au delà de la mémoire immédiate en conservant la forme de ce qui est répété. La mise en bouche, longue à mettre en place, ne reste pas stable, il n'y aurait pas de forme sous-jacente susceptible de servir de support à la construction d'une représentation.

Représentation auditive défaillante certes, puisque les neurones miroirs ne fonctionnent pas d'emblée pour une copie  immédiate du modèle et quand il est copié une fois, deux fois, au mieux trois fois avec beaucoup de concentration, le support de gestes, une indication visuelle, une mimique, mais Yann   refuse de répéter au-delà. Si je parle avec sa mère, il tente de plus en plus souvent  de se le dire un peu plus tard à lui-même à mi-voix. Il a saisi quelque chose qui facilitera le prochain essai car l'intégration n'est pas encore là. La concentration est différente, il n'y a plus la pression de notre attente, et il met alors en jeu une forme de langage intérieur (lanage d'avant la syllabe) qui fut longtemps le seul mode de communication verbale (voix chuchotée) avec son père avant le début de sa prise en charge.

Quand il a fini par saisir, capter le mot laborieusement construit, suffisamment pour le répéter une dizaine de fois, il est dans une telle joie!!!

Rappel de mon témoignage, Une parenthèse sur les procédé utilisés pour retenir un N° de téléphone : quand il y a 6 chiffres les transformer en nombres permet de n'avoir à en retenir que 3. Un nombre de plus, c'est l'indicatif de la vile etc... Mais avant qu'un enfant ne me le fasse découvrir, j'avais mémorisé le mouvement sur les vieux téléphones à cadran rond. Le passage au carré impliquait les positions verbalisées, en haut à droite, milieu, du plus grand au plus petit puis on remonte, année de naissance d'un fils etc... tout se combinant pour permettre le rappel. Faille dans le système un cadran non conforme qui déstructure le montage... Et quand il n'y en a que 4, un plus grand, un plus petit, lequel est le premier ? Cela devient un couple avec interversion en vue... quel chiffre faut-il multiplier par 2 ?

Pour ma part lorsque je dois apprendre par coeur un texte, ce ne peut être que celui d'un chant, j'essaie de combiner la répétition des mots avec une autre stratégie, l'image visuelle, mais aussi le geste, la modulation intonative, organiser les éléments de sens quand il s'agit de français etc...

mais comme la "photocopieuse" (terme utilisé par les enfants quand ils ont pigé le coup de trouver autre chose que ce qu'ils faisaient avant) ne peut marcher pour des mots que je devrais lire, sans y parvenir pour mémoriser leur place (en français) car il n'y a pas de lecture mais un éternel zapping, j'essaie de me donner des repères, de l'écrire, pour l'analyser et établir des points de repères en termes de lettres, syllabes, identique ou différentes en 2e ou 3e position... dans une phrase, un texte. Surcharge cognitive qui freine l'évocation et en fin de compte toute automatisation. 

Lorsque je dois apprendre le texte d'un chant, tout comme cela l'a été pour les rares récitations que j'ai essayé d'apprendre à tout prix dans le secondaire (je n'ai pas fait de primaire), le texte re-écrit à la main alterne avec la partition pour le travailler (mise en bouche) et l'évoquer du matin au soir et du soir au matin, repris et repris encore, encore et encore à distance, mentalement, à haute voix etc...  et le chanter bien sûr mais la concordance avec la mélodie pose d'autres problèmes (double lecture : problème du lien (binding problem) à établir).

Il y avait eu le poème de Verlaine, l'Ave Verum de mozart, Syracuse, maintenant ce sont des cantates de Bach (pas question de le traduire, ce ne serait pas vraiment une aide car je ne sais jamais où placer certains mots, s'il faut les répéter ou non). Je cherche donc des reprises partielles en les situant dans les lignes (1e et 3e), d'autres reprises quasi récurrentes car il n'y a pas de reprise réelle, mais une même voyelle située par rapport aux autres mots, pour entrainer la fin de la ligne, pour ne pas confondre cette fin d'une ligne, d'une strophe avec une autre...

L'automatisme n'est toujours pas là, je dois faire venir en "image" "pour le "dire" des bribes du texte que j'ai écrit avec des mots soulignés, des flèches... segmentés car "je ne peux lire le texte intégral, il n'est pa présent sous forme lisible".  Le reprendre encore et encore, jour et nuit, en le disant, en le chantant, l'air est connu... Mais... tout ce travail de verbalisation intérieure ne se fait pas assez vite, je traîne, perds mes repères. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, la boutade du DL , bien en peine de faire autrement. "L'enfer du dyslexique" que découvre une amie qui subit les effets d'un traitement anti douleur après des années de chimio et l'effet de l'âge. Elle ne peut plus retenir.

Sans support écrit, je ne le sais jamais par coeur, il me faut a minima la lecture labiale du chef quand il nous dirige, je ne sais plus où j'en suis et je deviens malgré moi "suiveuse" au sein du choeur, ne pouvant anticiper la phrase suivante en toute sécurité, même musicale (quant à la longueur des silences en particulier). En particulier lorsque le tempo est rapide!

Je m'en étais donc aperçue pour mes propres apprentissages et Yann me l'a clairement démontré ce jour là. Quant à Miloud, s'il lâche prise ce n'est qu'un peu car la peur de se tromper l'habite toujours, de n'être pas à la hauteur de ce qu'il voudrait être.

Miloud lui, n'a fixé ni le système de correspondance phonographique (tableau des lettres pour faire les sons) ni un lexique de base. Une fois de plus il ne retrouve pas la liste des voyelles. Il veut apprendre seul le tableau, comme à chaque fois qu'il revient après trop d'absences (un à deux mois parfois) puisqu'il l'a oublié et se retrouve au point de départ, et de plus ne dispose d'aucun lexique écrit suffisant (zapping oblige) pour passer en mode automatique. Bien sûr dans son cas, il y a le refus de faire une erreur (barre trop haute).

Comment s'entraîner à écrire alors que le logiciel retenu pour l'entrainement (spécial DL: sensonaime) présente toujours les mêmes mots dictés que nous avons cependant épelés à plusieurs séances de travail, endroit envers endroit, yeux fermés... Rien n'a tenu. Il faut recommencer.

 

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Le bon de commande

Publié le par Jaz

ANALYSE DE LA TÂCHE

.Demande de retrouver une machine (le produit)

1) Scanner le bon de commande

2) Bon de commande:

Trouver l'emplacement :

- allée lettre (de A à F)

- étage lettre (de A à C)

le carton

- N° d'ordre + nombre de pièces R1 - 5

Il y a un carton pour un bon.

Nous sommes en février 2015. En interim, Miloud (non-lecteur de 26 ans) s'est retrouvé manutentionnaire, chargé par le chef d'équipe de récupérer 6 pièces de perceuse. La consigne avait été explicite:

"lisez bien ce qu'il y a de marqué. Faites bien attention. Concentrez-vous" avait insisté le chef en donnant à une bande de jeunes des bons de commande à récupérer dans un entrepôt .

Il a mal lu la commande et voudrait ne pas reproduire les mêmes erreurs. Il en a fait deux, une petite sur l'article 257Z18 et il a lu sur la boite un 7 au lieu du 8 pour 257Z17, et l'autre sur la quantité: il en a rapporté 6. Il pense que c'était en lien avec un peu de fatigue et l'attribue à un manque de concentration. C'est mon problème dit-il. Le soir il avait mal à la tête mais a lu quand même (notre contrat à ce moment). 

Où en es- tu?

- Je regroupe plusieurs syllabes quand je reconnais le mot. Par exemple lun di mes yeux vont automatiquement à la 2e syllabe.

Tu t'y attends., il faut comprendre comment sont fabriqués les textes

Sur le livre je peux me concentrer pour les 20 premières lignes et bouche fermée.

Tu as besoin maintenant de comprendre comment sont fabriqué les textes que tu dois lire. Pour le bon la lecture de la référence qu'on te donne (je me réfère à ma propre expérience): l'allée, le n° de série de l'article, le nom de l'article, la quantité.

Et je précise, pour chaque article.

Mais un article peut contenir plusieurs articles.

Je propose, un carton alors.

et nous analysons la tâche.

Il commente: j'ai fait le malin à pas tout lire.

Je confirme:

IL TE FAUT CONTRÔLER ta lecture du BON DE COMMANDE.

 

DISCUSSION

Après avoir beaucoup travaillé sur la linéarité de la lecture en visant la lecture silencieuse (la main sur la bouche pour se rappeler de ne pas bouger les lèvres), la lecture reste "épuisante" et l'impulsivité est toujours au rendez-vous pour aller vite... 20 minutes d'attention soutenue restent son maximum.

Il n'est pas le seul à s'être trompé malgré la consigne du chef de faire très attention. Son handicap lui impose une discipline qu'il n'a pas encore acquise, considérer sa première lecture comme une hypothèse à vérifier, en particulier par la compréhension de l'attente de l'autre ou de la tâche, mais comme il tient caché le fait il a des difficultés, personne ne peut l'y aider en lui rappelant les étapes qu'il doit suivre et/ou donnant des explications complémentaires. Il croit avoir compris, savoir... 

Publié dans DYS, compréhension, lecture

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A la conquête de soi (Miloud)

Publié le par Jaz

Montagne inaccessible ou barre trop haute?

Montagne inaccessible ou barre trop haute?

Miloud 526 ans) est revenu après un long temps d'absence. De retour de province (condition pour travailler, même en intérim) il était épuisé et le ramadan pointait... Son passage, ce jour, avait servi à l'inciter à consulter un docteur au lieu de s'en tenir au pharmacien. Il a repris le travail et "en veut toujours autant" même s'il est conscient qu'il en fait trop mais s'il pense trop en général c'est surtout, parce qu'il s'efforce de réussir à ce que personne ne s'aperçoive de ses problèmes. Il le dit comme en passant, mais le reste a, de fait, beaucoup moins d'importance. Ce serait l'erreur à ne pas commettre en quelque sorte. Serait-il devenu plus raisonnable? Il ne voit plus personne, sort du travail et vient me voir. Si je suis là... car je "suis" en vacances, disponible à "être" pour moi-même pour une fois et non pour répondre aux contraintes de l'existence. Il n'est plus prioritaire.

Il est donc de retour. J'essaie de trouver une nouvelle approche, une image de plus, et pars d'un mot qui me fascinait quand j'enseignais la pédagogie il y a 40 ans, il y avait un niveau expectatif et un autre (en bonne dyslexique, un seul mot pour la paire reste disponible) et ce niveau évoqué était impossible à atteindre, évoquant un but en quelque sorte, comme une barre qui se révèle trop haute en compétition... barre qu'on se placerait à soi-même.

Dans une compétition on a des essais, mais pour lui c'est tout de suite le sommet. Je lui propose des métaphores. La barre à sauter est à l'horizon et non dans le pas suivant que tu fais en marchant, tu n'envisages même pas de changer de marche, ou de barreau d'échelle. Non, direct. C'est l'évaluation du jour qui met ainsi en image ce qu'il avait dessiné avec ses flèches, l'une, il y a 5 ans, répondant à la question "écrire c'est quoi pour toi" qui impliquait un retour sur le passé pour pouvoir avancer, l'autre, 2 ans plus tard, réalisée en me disant "vous devez me prendre pour un fou, madame" qui montrait la succession nécessaire des étapes... dans un travail sur l'estime de soi au regard de l'autre.

Miloud réclame alors de choisir une carte, de celles qu'il "consulte" (hasard et destin) depuis plus de 2 ans. L'évocation d'un sommet me fait penser à un choix qu'il avait fait avant que nous ne travaillions avec ces cartes. Je l'invite à se choisir une carte dans celles du petit prince qui lui avaient été proposées alors. J'ai laissé en dernier celle qu'il avait choisie ce jour-là, alors qu' il était "triste et dégoûté" de lui-même. Il la retrouve dès qu'il l’aperçoit avant même de lire le texte de celle qui précède (car il ne "voit" plus seulement une image, mais lit avec intérêt le texte qui l'accompagne...). Cette image illustre tout à fait pour moi le point que nous sommes en train de faire, l'impasse où il se trouve. Il est heureux certes mais la carte de "lâchez-prise" qu'il tire au hasard va-t-elle lui permettre de trouver une autre piste? D'avancer sur son chemin? Elle s'intitule: "Avoir quelqu'un dans le nez".

Il reformule ce qu'il a lu: "pas être énervé contre quelqu'un, cultiver de la haine ne sert à rien".

Nous y sommes, la piste s'ouvre pour une interprétation, j'interviens: :

'tu ne crois pas que c'est toi qui t'as dans le nez! ce n'est plus aide-toi le ciel t’aidera mais aime-toi toi-même ..'

- il poursuit: "et le ciel t'aimera. il faut chercher avec le cœur. Ça me dit "accepte les erreurs".

- je poursuis, . 'Que tu t'aimes toi!' et j'ajoute: 'toi et dans ta solitude, car on est toujours "seul".

Le moment de l'auto analyse est là:

"En ce moment je me mets à l'écart par rapport à mes copains, ils ont leur vie et je ne veux pas faire d'erreur, qu'ils voient ma DL. Au boulot aussi on me dit que j'ai tendance à trop envoyer, trop faire d'efforts..."

Nous passons aux mots coupés à reconstituer dans l'entraîneur cérébral, à pointer la différence entre voir et lire les syllabes qui va nous conduire dans une autre pièce à chercher des mots avec le jeu de Jarnac.

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En "allant à" l'école: à propos de "lire"

Publié le par Jaz

En "allant à" l'école: à propos de "lire"

Vous aurez reconnu "en 'sortant de' l'école", mais la situation est inverse.

Ce petit bout, alerte, avec je ne sais quoi de 'flanneur', cartable au dos, s'y rendait. Nous prenions les mêmes raccourcis, aussi m'a-t-il abordée, ralentissant pour que je le rejoigne... un rayon de soleil (accompagnant celui de l'astre, ce matin là) dans le décor de cette banlieue, Son "bonjour" m'a incitée à répondre et... poursuivre en le questionnant, non sur son nom (je n'ai pas le réflexe, problème d'a-nomie!), mais en lui proposant le nom de l'école du bas de la rue, "tu vas à Henri Wallon" créant une complicité, je connais. Il s'est donc défini par sa classe CE1 et la lettre et le chiffre associés (il y en a plusieurs comme il y a 3 groupes scolaires et un Collège dans ce quartier HLM, agrémenté d'espaces verts, alors que nous longions le mur d'un pavillon).

Cela va? - Oui! - La lecture? - Oui!

Je lui demande alors s'il comprend quand il lit, Il se reprend, - pas bien. S'il y a quelque chose qui le gêne qui pourrait l'expliquer et c'est alors qu'il précise que

"il y a des mots que je n'ai pas bien appris".

Bon. Encore un qui "apprend" alors que, peut-être, ce qui lui manque, c'est de "comprendre". Au moment où, après avoir traversé la rue, nos chemins vont se séparer, je lui dit alors,

- je vais te dire un truc :

tu as tous les mots dans ta tête, tu connais les lettres, ce qu'il te faut maintenant c'est trouver le chemin qui permet d'arriver, avec les lettres, au mot...

Nos routes se sont séparées et je repars avec un air qui me trotte dans la tête: "en sortant de l'école", la recherche des mots qui suivent... Après cette évasion dans l'imaginaire, je réalise que, de fait, "2 et 2 font 4", n'est pas dans le même chant.

Pourquoi le titre, l'image qui ne lui correspond pas directement: jeu d'associations personnelle, Prévert, bien sûr, l'air ne m'a pas quitté. Mais la leçon du jour concerne bien le mode d'apprentissage de l'école et la découverte du truc que nous sommes obligé de monter laborieusement avec les dys... Et, ce petit bout de chou, avec ses dread-logs, et son pas dansant, me semblait vraiment chevaucher son oiseau-lyre...

Publié dans DYS, mémoire, Apprentissage

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