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Etayage du récit par l'image 4 Trisomie

Publié le par Jaz

La pantoufle Résumé et choix d'images

La pantoufle Résumé et choix d'images

Artus choisit ce jour la série de la pantoufle.

Nous ne nous sommes pas vus depuis 15 jours mais s'il connait la date, il ne peut calculer celle de notre dernière rencontre. Je le lui montre pourtant avec les doigts de diverses manières, je le dis même par mégarde, mais il ne suit pas pour autant.

Il place la 1 et la 4 puis la 3 et la 2. je lui demande de vérifier. Tu penses que ça va ? Il acquiesce. Je ne suis pas d'accord.

 

1er récit

- non ça va pas trop comme ça. La première tu as bien trouvé. Qu'est-ce qui se passe?

1

- il est en train z'habiller.

- qu'est-ce qu'on voit d'autre?

= et un chien

- Qu'est-ce qu'il fait ? ... le chien?

- i prend le pantouf ... de ce gaçon

4

jusqu'à dessous le lit. On le voit là.

- donc c'est la dernière. (Je la déplace).

 

2e récit

Nous reprenons avec la mise en place des images pour mettre en mot l'interprétation des attitudes, comportements à inférer des images intermédiaires.

Organisation de la séquence : ça c'est avec ça et (je les mets 2 par 2)

2

- Ah oui! Un seul pantouf.

Il a mis où mes chaussons ?

3

Et alors là, qu'est-ce qui se passe? ... Fais le même geste que lui ?

- et sé pas vu... sa main posée... mince, mon dieu, où est mon pantouf ?

- BRAVO  Il regarde à ses pieds et "il est où mon chausson" et à la fin...

- il a trouvé le pantouf dessous le lit

 

- une autre ?

- non! ça me repose ma tête. Sinon c'est trop dans la mémoire.

- Tu as bien mérité qu'on joue au Jarnac 1/4 d'heure!

Je l'inciterai à chercher avec quoi il peut combiner, les voyelles... Il a largement gagné... Il est donc radieux.

 

Le mot de la fin

 Avant de partir il me montre ses dents et veut que je devine...

"moi j'ai la gouttière pour aligner les dents et pas grincer les dents. J'ai bien ... progressé!"

 

DISCUSSION

 

L'étayage lui permet de décrire la 1ère image et il met en mot une continuité avec la dernière qu'il a placée à côté. L'avait-il perçu avant la mise en mot ?  On peut l'imaginer, en tout cas ces images lui "parlaient" en quelque sorte.

Il a ainsi produit une sorte de résumé de l'histoire, centrée sur l'action du chien en retrouvant des situations où il se projette, comme en témoigne le passage au "je". Lorsqu'il dessinait des bulles, il écrivait ce que le personnage pensait ou disait. Il le dit maintenant dans une sorte de mise en scène du scénario. Je n'insiste plus sur la référence des "il". La dynamique de son discours lui fait quitter la simple description d'image, même s'il utilise des phrases stéréotypées comme "il a mis où mes chaussons" alors qu'il désignait "pantouf" en décrivant l'image.

Cette procédure qu'il adopte spontanément avait fait partie de l'étayage de T*, 7 ans, incapable de maintenir la permanence du héros, changeant de prénom à chaque image, lorsqu'il "racontait" la construction d'un "château" avec des cubes après l'avoir réalisé lui-même comme sur les images. (Description dans la citation qui termine cet article).

Elle témoigne de l'importance pour lui de pouvoir "agir" comme s'il était le personnage du récit par le fait d'avoir identifié la situation... Il s'est "lâché" et sa parole avec.

PS Yann a eu les mêmes images le lendemain. La comparaison de leur évolution sur les mêmes séries sera éclairante de la diversité des modes d'appropriation d'un récit en lien avec le développement personnel d'un sujet.


L’échec de ce niveau "enactif" à maintenir la permanence du sujet en tant que sujet dans le récit qui suit sa réalisation, incite l’orthophoniste à faire appel à la réalisation de la tâche par quelqu’un d’autre, présent. Une stagiaire le réalise en expliquant, en outre, comment et pourquoi elle (se codant en je) fait ainsi. La perception est mobilisée par ce qu’elle explicite de sa propre anticipation. Elle introduit ainsi la séquentialité par sa mise en mot même. De plus, elle lui donne un modèle linguistique sur la même tâche...

L’orthophoniste propose alors à T de raconter l’histoire à la première personne, l’histoire de quand il l’avait fait lui-même.
Mais... Le passage par « je » dérape, T le perd en route. Il choisit alors de faire son récit comme si l’orthophoniste le réalisait, en « tu » mais va revenir au « je ». La facilitation, de l’ordre du symbolique (langage), observée chez d’autres (1991a) (cf Annexe 1.), n’a pas fonctionné.

Construction identitaire et récit : la place du sujet

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Etayage du récit par l'image 3 Trisomie

Publié le par Jaz

Images et compréhension d'une histoire

Images et compréhension d'une histoire

Artus, trisomique de 27 ans, engage la conversation pendant que j'allume quelques lampes en plus.

" Dites-moi, zai un nouveau pull... dessin sabille il est marqué Star wars X celio. ça c'est mon cadeau.

- (Je pense à l'anniversaire) quel est ton âge?

- Non, mon cadeau à....

- Noël ?

- Oui. C'est pasque moi zai reçu un cadeau, c'est le pull,

- c'était

- ya un an, deux ans c'était vers l'hivers... 2015. Le pull de Davador."

Il a donc attiré mon attention non sur sa boucle de ceinture ou sa barbe comme souvent mais sur son pull et nous propose ainsi un corpus de langage "spontané" qu'on pourra comparer à celui qu'il produit dans un situation contrainte d'avoir à produire, comme à la dernière séance,  un récit sur un thème qui n'est pas centré sur lui-même.

Il choisit dans la boite une série d'images où il y en a 5 et essaie de les mettre en ordre. Il intervertit les deux premières. Je n'interviens pas, me demandant s'il va découvrir de lui-même cette erreur... comme je l'ai vu faire à des enfants dyslexiques lorsqu'ils essayaient de mettre en mots l'histoire.

- Je lui demande : tu es prêt à raconter ?

- Déjà !

- On fait ça ensemble ? Tu veux essayer seul ?

- *J'arrive pas à contrôler, à dire mes phrases...

(discussion sur ce qui l'amène ici justement...)

- Quand on veut raconter une histoire on dit d'abord...

2

- **- Ya... le chien dans son panier.

Je précise, c'est la première fois qu'on le voit on dit un. Il reprend :

- *** Je dis pas le. Il y a un chien...

- Qu'est ce que tu vois encore sur l'image ? Tu sais...

- **** rêve, quelqu'un, je pense, bonhomme...

- Regarde les autres images, tu vois ... ? je pense pas, peut-être un garçon ?

- *****Monsieur

- Regarde la suivante

1

- ****** Il va aller à son école

Discussion sur un jeune garçon, il ne peut répondre et ne peut poursuivre. Je lui propose l'inversion qui rétablit l'ordre des images **1 et 2.

- *Là je comprends mieux.

******* Il fait avec la main, dit à tout à l'heure, je pense à l'école

- il fait au revoir

2

- Le chien est seul

- Qu'est-ce qu'il fait? ... Il pense à... ?

- le maître

- Il pense à son maître.

3

******- Le chien est en train de promener

- avec son nez ?

- renifler

- flairer. On appelle ça comment ? suivre...

- les pas

- la piste de son maître

4

*******- Il a trouvé son maître. Le chien il est resté debout. Il voit son maître apprendre ses leçons.

***** - Qu'est ce qu'il va  faire...

- (il reprend) debout à la fenêtre, il voit son maître

- ... pour voir son maître ?

5

******* - Oh la la à la fin! Le chien il est content à son maître. J'ai trouvé.

Je cherche à approfondir l'interimage. C'est un peu comme la dernière histoire. Il y a le rebord de la fenêtre, il est penché. C'est la fenêtre, je mime, 

*****- il saute / par / la fenêtre. Pourquoi ? Je montre la 2 "il est seul", la 3 "il veut le retrouver"...

- pour voir son maître

- pour retrouver son maître.

Et alors, les autres personnages ?

- les élèves. C'est la maîtresse.

- Comment elle réagit ?

- ouvre le cahier.

******- fais son geste... comment est-il ?

- terrifiant

- pourquoi ?

- un chien dans la classe.

Je conclus sur la finalité de ce "travail" :tu dis ce qu'ils pensent sans chercher à savoir à quoi se rapporte ce terrifiant (sorte de condensé émotionnel ?)...

 

Nous passons à Jarnac 3 minutes, le temps de trouver un mot. C'est l'heure.

 

DISCUSSION

Les points discutés jusqu'ici dans le cadre d'une même tâche concernaient l'incapacité d'Artus à mobiliser le type de représentations qui permet de "construire" l'interimage, son recours à des énoncés tout faits en lien avec une situation susceptible de faire partie de son expérience. Il accède à cette nouvelle séance à la description sans avoir besoin de jouets, à partir du support iconique. On retrouve cependant un même recours à des "routines interactives" dès que, les images inversées ayant rétabli la séquentialité, il "raconte". Il exprime des émotions mais en s'en tenant à celle du couple de départ, chien/garçon.

Au niveau syntaxique, le travail sur la réversibilité énonciative sur toi/moi n'est pas allé jusqu'à lui permettre d'intégrer les formes pronominales.

Dans le premier dialogue qu'il avait initié, ses phrases étaient également minimales même s'il y a introduit un pasque, ce n'est qu'une sorte de rappel du thème qu'il répète sous diverses formes.

Notes

* Autoévaluation. Il connait ses limites (souligné). Dimension "méta".

** Il connait le début d'une description d'image "il y a" et situe le héros. C'est une phrase usuelle qui comporte dénomination et localisation. L'ordre rétabli des images lui permet de chercher à comprendre. Il modalise cette prise de conscience de sa démarche.

*** Il intègre la correction de l'article. Lorsqu'on lui propose des reformulations, le plus souvent, il les reprend à son compte.

**** Le principe des bulles lui est familier depuis longtemps (voir le site SOS la figuration de ses cauchemars )

***** Il ne retrouve pas les personnages de la première histoire, de même qu'il ne retrouve pas le travail réalisé avec des jouets pour figurer le bond qui fait entrer le chien (dans la baignoire comme dans la classe)..

****** Il utilise les phrases du "script" qu'il a identifié.

******* Faire avec la main : il décrit le mouvement au lieu de donner son sens social. (rencontré en MSM chez une enfant en difficulté de langage)

 

En conclusion nous proposons deux citations :

l'une est extraite d'un article consacré au "jeu" car, même s'il ne joue pas, l'enfant apprend de fait, en le vivant, les scénarios de vie courante...

la seconde d'un article consacré à la problématique du récit sur images...

L’effet d’exercice du jeu concerne alors l’acquisition de ce qui est script d’un scénario de vie courante et les routines langagières qui y sont communément associées. Le scénario, qui comporte des variations, est ainsi à géométrie variable.

Jeu symbolique et construction identitaire

Savoir reconnaître ce qui relève également d’une interprétation conventionnelle à des degrés divers et concerne les états et les actions :

En ce qui concerne les états, l’enfant peut identifier les affects parfois déterminants pour la construction unitaire de l’histoire (geste de surprise).
En ce qui concerne les actions : il lui faut reconnaître les actions impliquées par les objets et donc la visée du mouvement qu’il sait souvent décrire.
- Un mouvement est réalisé dans un cadre (*34), il devient geste par sa finalité dans une fonction « socialisée ».

Bases sémiologiques du récit sur BD

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Etayage du récit par l'image 2 Trisomie

Publié le par Jaz

Mettre en ordre et raconter

Mettre en ordre et raconter

Artus, 27 ans, préfère de beaucoup jouer à Jarnac, même s'il perd, même s'il faut compter les points pour le vérifier, il le préfère à raconter une histoire même avec un support d'images. Nous nous étions risqués à regarder des BD "humoristiques" qu'il avait choisies dans le très vieux livre "Le baron de Crésus" et il s'était relativement bien débrouillé pour comprendre. Nous n'étions pas allés jusqu'à raconter. Il s'agissait avant tout de "comprendre". Il l'avait vécu comme très pénible...

Pour renouer avec ce type d'activité j'ai parlé de me faire plaisir d'abord et ensuite on chercherait des mots (Jarnac). J'ai présenté les 4 images (prises dans une grande boite sur la table) comme un jeu où il fallait trouver comment les mettre en ordre. Il met un certain temps à les mettre en place et n'inverse que les deux dernières.

L'étayage ne peut être seulement verbal, sur la base des questions classiques. Le mime ne suffit pas non plus. Je suis allée chercher dans les jouets de quoi reproduire les éléments des images pour que la manipulation lui permette de trouver des mots pour "dire".

Je lui dis alors regarde par terre. Est-ce que tu vas trouver? Il ne trouve pas, je le remets à plus tard l'ordre des images car souvent l'enfant s'en aperçoit dans l'analyse même des détails qu'il doit prendre en compte dans sa description.

DIALOGUE D'ETAYAGE d'un RECIT SUR IMAGES

* Qu'est-ce qu'on voit ?

- Un chien (il le montre sur toutes les images)

Et ? (silence) Où ça se passe ?

- Il y a un chien et un garçon.

Que peux-tu dire du garçon ? (silence) Sur la première image ?

- (Il montre) ... Il prend le bain.

Je reformule. "Dans la salle de bain un garçon prend son bain".

**- Pas grave.

***Le chien qu'est-ce qu'il fait ? Je mime avec les doigts...

- Ah ! marcher

Pourquoi faire il marche ?... Tu vois ce qu'il fait là ? ... Il pense quoi le chien ?

Artus est bloqué. Il va falloir mettre le  scénario en scène. Je vais chercher des boites de jeu, lui donne celle des playmobils, il choisit un garçon pendant que je vais chercher la baignoire, il le met dedans puis nous fouillons dans la boite des animaux de la ferme en quête d'un chien. Il est sceptique, je précise **** "ce n'est pas la même forme mais c'est un chien".

En revenant à l'image Artus peut alors décrire la première image :

- il rentre à la porte.

(Nous parlons du chien) Pourquoi faire ?

On le voit là qu'est-ce qu'il veut faire ?

*****- Il veut se laver, arrête de m'énerver

Un chien, il veut se laver? Je dis alors "aller voir le garçon"

- C'est ça que je voulais dire

Il rentre à la porte pour...?

- aller voir le garçon.

Et après ?

- le chien

******Qu'est-ce qu'il fait entre les deux images ?

- clabousser de l'eau partout. A la fin il a renversé de l'eau et la mère (de ce garçon) elle est fâchée.

Je reviens sur l'interimage entre 1 et 2.

Qu'a-t-il fait pour ariver là ? Pense à quand tu es à la piscine (je mime l'action)

- sauté dans la baignoire.

 

DISCUSSION

Le travail qui avait été fait sur des bandes d'images déjà mises en ordre n'a pas été suffisant pour qu'Artus puisse se dispenser d'un étayage qui le guide dans une activité de récit. La mise en ordre des deux denières images n'est pas pertinente pour lui dans le fait d'avoir à raconter.

* S'il identifie les personnages ce n'est pas d'emblée qu'il les nomme. Il est dans la dénomination, à un niveau déictique, (geste de monstration, là) et ne peut sortir de sa démarche pour répondre aux question catégorielles de base du récit en dehors de qui ? (où quand comment que fait-il ?). Il y répond à sa façon en interprétant la 2e image en référence à un énoncé tout fait correspondant à la situation représentée.

** Il passe tout de suite à une évaluation personnelle de l'image de la mère, répondant en quelque sorte à ce qu'il décrira ensuite en tentant de répondre aux questions, Ce qui représente une "évaluation de la bêtise" en quelque sorte, implique bien l'interprétation des images de la série dans une situation typique, mais sans faire intervenir les détails qui lui permettraient de s'autonomiser dans l'élaboration d'un récit.

*** Je reprends la série au début et essaie de mettre en place l'interimage en partant de l'action. Artus est incapable de comprendre et nous devons passer d'un mime symbolique à la réalisation concrète avec des éléments directement représentatifs de la situation évoquée par le dessin.

**** Le chien n'existe pas pour lui comme terme pouvant s'appliquer à différentes races de chien. Le chien loup que nous trouvons ne peut repréenter "le" chien de l'image qui doit être le même. La discussion lui permet d'approcher un processu de conceptualisation (dans le cadre de l'étayage dans la zone proximale de développement de Wygotski)

***** Je pense aux théories de l'esprit, et mon impuissance à le faire travailler à ce niveau fait enfler ma voix très légèrement pendant qu'il répond en s'en tenant au garçon, seul être pensant, et réagir à ma contrariété qu'il devine et qui l'agresse à chaque fois que je suis confrontée à cette impuissance.

****** Je reprend l'interimage pour 1 et 2 qui implique un autre niveau de représentation que la perception de ce qui est présent ici et maintenant et demande de construire mentalement un mouvement qui devient  "geste" finalisé dans une "conduite" sociale. Un prélude à l'anticipation...

Il a un énoncé qui inclut la réponse à la question de la différence "par terre" entre 3 et 4. Je n'insiste pas davantage.

LE MOT DE LA FIN

Comme à chaque fois qu'il ne se sent pas à la hauteur de réussir la tâche, il se rassure :

- Je suis intelligent parce que j'ai mis une boucle (de ceinture) de force de dragon.

Fidèle à mon engagement nous prenons le temps de chercher des mots avec les lettres de Jarnac et il conclut la séance :

- Difficile parce que pour moi porteur trisomie 21. Z'ai eu difficultés à parler et à lire, je portais des lunettes Madame.

 

PS un prochain article sur l'autre blog présentera le corpus fort différent de Yann sur les même images. Cela permet de confronter deux démarches d'acquisition de la conduite de récit. De même je l'encouragerai à raconter d'autres séries... à suivre dans un même fil (changement de numéro probable dans le titre)

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Etayage du récit par l'image 1 Trisomie (Artus)

Publié le par Jaz

Compréhension d'une histoire drôle

Compréhension d'une histoire drôle

En ce début d'année, nous abandonnons provisoirement le travail entrepris sur l'inversion toi/moi qui justifiait aux yeux d'Artus le fait de venir me voir encore, conscient de ne pas trop s'y retrouver, et je lui propose une pile de livres d'images à raconter sur des livres dont il connait certains comme le Fourgon, Dialogue, les mésaventures de IKS, OKS et Cie, et un nouveau, très ancien, immense qui s'effrite presque... "Le baron de Crésus" (Flammarion 1940) regroupant des bandes "humoristiques" paraissant dans des journaux comme le professeur Nimbus ultérieurement. C'est une façon d'arriver à se décentrer qui consolidera nos premiers essais autour de l'inversion pronominale dans le dialogue.

Il ne veut pas des autres et je lui laisse choisir les lignes d'images qu'il voudra bien raconter.

- La première l'intéresse, "Ne dénichez pas les nids ... tôt ou tard cela vous retombera sur le nez..." Il identifie le personnage et voit qu'il s'agit de pousser le nid, nous faisons un travail de langage en identifiant les éléments figurant sur l'image (dont le bâton qu'il va utiliser. Est-ce sa canne ?) et le comique de la situation. La dernière image parle d'elle-même et il a bien compris qu'il y avait des oeufs dans le nid dont il a fait partir l'oiseau qui les couvait.

Ce genre de travail n'avait pas été fait en période d'acquisition du langage puisqu'il avait été dans une situation d'apprentissage classique basé sur la répétition et l'imitation avant d'entrer au collège et ne comprenait rien de ce qu'il lisait ou écrivait quand nous avons commencé notre travail en 6e. A chaque tentative pour travailler avec les supports pré-cités, il protestait, je ne suis plus un bébé.

- Il choisit une deuxième série en bas de la page, "Le pot de terre et le crâne de fer" (un pot de fleur lui tombe dessus et recouvre sa tête en s'enfonçant, 2 agents essaient de l'arracher de la tête, en vain, l'un d'eux brandit sa matraque pour essayer de l'en délivrer. Nous en restons à identifier personnages et situation...

- La troisième est celle de l'illustration de cet article : "des méfaits de la vanité". Artus a déjà été intéressé par la pile d'assiette qui bascule et a du s'identifier au héros quand il assemble les morceaux (cf. sa stéréotypie dans ses dessins depuis toujours). je l'aide à identifier l'avant-dernière image où il "boit" pour fêter l'exposition de son "oeuvre".  Comme il a lu la "morale" j'explique le terme "vanité" sans insister sur "Un malheur n'arrive jamais seul...". 

- La quatrième en haut de la page suivante permet d'approfondir le travail de décryptage de l'image, je dois lui expliquer qu'il s'agit d'un piège de braconnier, d'attacher la ficelle sur un petit arbuste et il s'appuie sur l'écrit pour comprendre que le personnage a été pris à son propre piège. "Du travail bien fait... même pour gros gibier".

- La cinquième permet d'établir des liens logiques entre deux éléments essentiels de l'image : le thermomètre et le radiateur. "De gré ou de force... le thermomètre remontera". Je dois l'aider bien évidemment à décrypter l'image où le bonhomme trafique le thermomètre et n'insiste pas davantage.

En partant il reconnait notre travail en me disant :

VOUS M'AIDEZ MOI. Faut-il l'écrire AIDER, ai-je bien entendu ce M' ? Il n'est pas totalement guéri de son agrammatisme de départ, sauf dans des énoncés tout faits...

 

PS Cela lui avait tellement coûté qu'il n'a plus voulu reprendre le livre. Nous sommes retournés à notre "Jarnac".

 

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