Un certain langage Yann trisomique

Publié le par Jaz

L'entour d'une séance de travail

Yann est venu avec sa mère, ce qu'il annonce en réponse à tu es seul? "Je suis avec maman".

Elle me raconte alors qu'elle n'en peut plus, il la saoule en parlant à jet continu, surexcité par l'anniversaire de son copain : "22 ans" me précise-t-il tout heureux de m'en parler. Il a préparé son sac pour aller passer la nuit chez lui alors qu'il n'est question que de l'après-midi. (il me le précisera lui même). L'information est passée mais nous avons un programme de travail autour de son nouveau jeu qui sera présenté dans un autre article.

Après le "travail" nous rejoignons sa mère qui prend rituellement le café avec M* et bavardons. Il participe d'autant plus qu'il est question de relativement nouveaux héros imaginaires de la télé et sur internet que je ne connais pas, relai des pokémons encore que il continue à en "piquer" dans la réserve dès quil est seul dans la pièce... mais cela viendra plus tard dans la conversation car c'est à nouveau  la quetion du réel et de l'imaginaire dont il faut reposer le cadre.

Elle essaie de nombreux termes, consciente du fait que cela passe au-dessus de lui et pourtant c'est si simple, je l'ai utilisé souvent devant elle, "inventé" s'oppose ainsi à "pour de vrai"!

Nous l'avions mis en scène avec le scéno-test à propos du docteur who. C'est une enfant qui avait attiré mon attention sur le "vrai" il y a très longtemps ce que j'ai analysé dans Histoire vraie ou vraie histoire. Les mots ne donnent pas un accès direct au concept, il faut que la fonction symbolique du langage joue son rôle en changeant le plan de référence, de celle à un objet concret passer à l'expérience de plusieurs de ces objets pour en dégager des caractéristiques communes qui pemettent d'en extraire (abstraire) le concept lié à ce mot dont il est l'expression langagière.

Le langage conceptuel qu'utilise sa mère par réflexe, tout comme elle n'arrive pas à faire passer les règles qu'elle a apprises pour différncier é/è au lieu de s'en tenir à la ligne du é avec ses variantes d'écriture. Elle a repris le tableau de base des lettres pour écrire les sons voyelles et s'y réfère, cela devient tellement plus simple ! Linguistiquement parlant cela correspond à un archiphonème. Cela devient une question "d'usage". 

En partant, je recadre également le fait de ne pas faire son sac puisqu'il ne va pas passer la nuit chez son copain en le raccordant au fait qu'il est grand maintenant... C'était quand il était petit. Toujours ces oppositions de base et la référence à son expérience vécue.

J'oubliais, rappeler qu'on ne parle pas tout le temps et le geste magique qui l'évoque : le chut du doigt sur les lèvres. 

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