A la conquête de soi (Miloud)

Publié le par Jaz

Montagne inaccessible ou barre trop haute?

Montagne inaccessible ou barre trop haute?

Miloud 526 ans) est revenu après un long temps d'absence. De retour de province (condition pour travailler, même en intérim) il était épuisé et le ramadan pointait... Son passage, ce jour, avait servi à l'inciter à consulter un docteur au lieu de s'en tenir au pharmacien. Il a repris le travail et "en veut toujours autant" même s'il est conscient qu'il en fait trop mais s'il pense trop en général c'est surtout, parce qu'il s'efforce de réussir à ce que personne ne s'aperçoive de ses problèmes. Il le dit comme en passant, mais le reste a, de fait, beaucoup moins d'importance. Ce serait l'erreur à ne pas commettre en quelque sorte. Serait-il devenu plus raisonnable? Il ne voit plus personne, sort du travail et vient me voir. Si je suis là... car je "suis" en vacances, disponible à "être" pour moi-même pour une fois et non pour répondre aux contraintes de l'existence. Il n'est plus prioritaire.

Il est donc de retour. J'essaie de trouver une nouvelle approche, une image de plus, et pars d'un mot qui me fascinait quand j'enseignais la pédagogie il y a 40 ans, il y avait un niveau expectatif et un autre (en bonne dyslexique, un seul mot pour la paire reste disponible) et ce niveau évoqué était impossible à atteindre, évoquant un but en quelque sorte, comme une barre qui se révèle trop haute en compétition... barre qu'on se placerait à soi-même.

Dans une compétition on a des essais, mais pour lui c'est tout de suite le sommet. Je lui propose des métaphores. La barre à sauter est à l'horizon et non dans le pas suivant que tu fais en marchant, tu n'envisages même pas de changer de marche, ou de barreau d'échelle. Non, direct. C'est l'évaluation du jour qui met ainsi en image ce qu'il avait dessiné avec ses flèches, l'une, il y a 5 ans, répondant à la question "écrire c'est quoi pour toi" qui impliquait un retour sur le passé pour pouvoir avancer, l'autre, 2 ans plus tard, réalisée en me disant "vous devez me prendre pour un fou, madame" qui montrait la succession nécessaire des étapes... dans un travail sur l'estime de soi au regard de l'autre.

Miloud réclame alors de choisir une carte, de celles qu'il "consulte" (hasard et destin) depuis plus de 2 ans. L'évocation d'un sommet me fait penser à un choix qu'il avait fait avant que nous ne travaillions avec ces cartes. Je l'invite à se choisir une carte dans celles du petit prince qui lui avaient été proposées alors. J'ai laissé en dernier celle qu'il avait choisie ce jour-là, alors qu' il était "triste et dégoûté" de lui-même. Il la retrouve dès qu'il l’aperçoit avant même de lire le texte de celle qui précède (car il ne "voit" plus seulement une image, mais lit avec intérêt le texte qui l'accompagne...). Cette image illustre tout à fait pour moi le point que nous sommes en train de faire, l'impasse où il se trouve. Il est heureux certes mais la carte de "lâchez-prise" qu'il tire au hasard va-t-elle lui permettre de trouver une autre piste? D'avancer sur son chemin? Elle s'intitule: "Avoir quelqu'un dans le nez".

Il reformule ce qu'il a lu: "pas être énervé contre quelqu'un, cultiver de la haine ne sert à rien".

Nous y sommes, la piste s'ouvre pour une interprétation, j'interviens: :

'tu ne crois pas que c'est toi qui t'as dans le nez! ce n'est plus aide-toi le ciel t’aidera mais aime-toi toi-même ..'

- il poursuit: "et le ciel t'aimera. il faut chercher avec le cœur. Ça me dit "accepte les erreurs".

- je poursuis, . 'Que tu t'aimes toi!' et j'ajoute: 'toi et dans ta solitude, car on est toujours "seul".

Le moment de l'auto analyse est là:

"En ce moment je me mets à l'écart par rapport à mes copains, ils ont leur vie et je ne veux pas faire d'erreur, qu'ils voient ma DL. Au boulot aussi on me dit que j'ai tendance à trop envoyer, trop faire d'efforts..."

Nous passons aux mots coupés à reconstituer dans l'entraîneur cérébral, à pointer la différence entre voir et lire les syllabes qui va nous conduire dans une autre pièce à chercher des mots avec le jeu de Jarnac.

Commenter cet article

alain l. 07/07/2015 21:39

Passionnant Jaz ...

J'adore les liens dans vos articles qui m'ont amené jusqu'ici ...Et heureux de voir ce blog sortir du niveau expectatif pour atteindre le niveau existatif ... Oui, je sais, ce mot n'existe pas dans la langue française ... Dommage ;-) ...
Quant à l'âge de Miloud , sauf à admettre la réincarnation , il me parait très légèrement exagéré :-) !!!

@micalement

alain l.

Jaz 08/07/2015 08:02

Effectivement, heureusement que tous ceux qui ont un clavier sur PC savent que le 5 est une parenthèse...
Je me bats encore avec les paramétrages pour plein de choses... s'adapter là encore... recul d'alzeihmer confirmé, reste l'usure..
Je passe d'un blog à l'autre pour retrouver les liens qui correspondent. Il n'y a plus la liste complète en résumé sur l'autre, il faut passer par les catégories et j'essayais de dispatcher les articles toujours à cheval sur plusieurs...
Jaz